
je discutais ce matin sur msn au sujet de l'article de Manicheus et j'ai voulu réagir en vous faisant part d'une mésaventure qui m'était arrivé avec un Juanito ( prononcer "J" comme un kh à la manière des feuilletons mexicains, je sais que les tunisiens sont les champions toutes catégories de tout ce qui est Juan José, Rachel--Rakel pour les intimes--Blancaflore et autres Guadalupé).
C'était par un beau gharghour el kaïla du mois de juillet, je marchais miséreuse près du campala (campus) guettant comme une hystérique un des rares taxis qui aurait l'amabilité citoyenne de se rappeler qu'il a une rokhsa pour transporter les malheureuses jeunes filles comme moi et non pas pour fourrer sa belle caisse jaune au garage pendant qu'il roupille entre midi et deux sous la clim avec femme et enfants après avoir bouffé kosksi et dele3.
je traînais misérablement des pieds n'ayant pas vraiment coeur à regarder ces aimables messieurs en 4x4 ou même en 4/4 bâchés (il faut de tout pour faire un monde) s'arrêtant sur le bas côté de la route toujours à l'affût d'une femelle à embarquer, se faisant les défenseurs invétérés de la veuve et de l'orphelin et qui, par acquis de conscience,voulaient à tout prix me sauver la vie vue que je risquais à coup, sûr, une insolation.
me voici donc clopin clopant luttant contre mes ampoules au pieds ( sachez messieurs que les tendres pieds des jeunes filles sont très souvent sujets aux ampoules à cause de la chaleur et de la sueur) quand soudain apparaît un de ces nobles serviteurs de Dieu, la barbe longue et le pantalon court ( 3ala sonet allah wa rassoulou)
Moi je portais timidement un vieux pull rouge demi manche et une jupe à petits poix qui me descendait sous les genoux
à un moment donné en Tunisie, il me semblait que mon accoutrement était le comble du mauvais goût tant la mode des petits pull bretelles faisait fureur.
je pense que maintenant je ne suis toujours pas à la page vu que la mode est à la sainte trinité takchita, takrita burkita (de burka)
bref je disais donc que je traînais tristement des pieds quand Juanito tout de bleu vêtu ( sans doute par référence à ses aspirations célestes) passe devant moi et n'arrête pas de se retourner et de me regarder,
naïve que je suis je me dis en voici encore un dont la religion sert à cacher la concupiscence. estaghfirou allah; 7ata mel khwanjya ma3adenech selmine.
et voici que Juanito regardant à deux fois (ce qui est un grand péché en islam, non pas que je sois théologue, mais ainsi le veut la tradition!!) m'adresse la parole gesticulant de tous ses membres "enness elkol yoghzouroulek!!! la khalit karahab, la khalit 3abed 3ala sakihom!!! hadha el kol ma ta3rafech 3alech!! enti ta3raf ya fajira barra ostor rou7ek la3natou allahi alik!!!..." et je vous en passe bien entendu de ces charmants surnoms dont ce défenseur de l'islam m'a affublée.
Moi j'étais là hallucinée!! je n'en croyais pas mes oreilles;
de une, je marchais tranquillement à la recherche d'un taxi
de deux j'étais habillée à mon sens tout à fait normalement, je ne vais quand même pas me couvrir d'un sefsari pour que Juanito n'aie pas de mauvaises pensées en me voyant et soit privé du paradis (que Dieu nous préserve.)
de trois je ne crois pas avoir eu une attitude aguicheuse pour mériter de pareilles insultes
je l'ai regardé en face, j'allais lui dire ses quatre vérités sur son hypocrisie, quand j'ai soudain réalisé que j'étais seule que par le plus heureux des hasard katouss ma darech à cet instant, qu'il n'y avait plus aucune voiture. c'est à croire que ma bonne chance légendaire m'avait reprise.
et pour la première fois de ma vie, j'ai baissé la tête sans rien dire de peur de me faire agresser physiquement après cette agression verbale, ou même de recevoir une giclée de "ma fark" l'arme des lâches sur la figure.
j'ai eu honte de moi, de ma peur et de mon pays...
et de3it en mon fort intérieur " lakom dinoukom wa leya dini, fasse que mon islam ne soit pas le votre. que je ne sois pas un jour obligée de parler à mes enfants de la Tunisie de mon adolescence comme mes parents me parlent aujourd'hui de l'heureuse époque de Bourguiba, que je ne raconte pas à mes enfants étonnés qu' il fût un temps où on pouvait se promener en amoureux tranquillement sur les berges du lac, un temps béni où la grande avenue s'appelait encore chara3 Miami et non pas chara3 el cheikh Zayed fi zemen el 9o7eb el zayed..."
ces nobles serviteurs de Dieu existe partout de nos jours meme virtuellement tabda 9a3da et yahbit 3lik e-mail genre "na9istou 3a9loun wa dine" we "ahkam il hijab" normal les Juanitos veulent créer un UNIVERS a part ou le parfait règne :) rabbi yehdi