elli borjou bel marrama me imout ken fi stal baghli; suite de ma mésaventure!!!

Discussion j+2 saint Valentin « Ellila ya manou, c’est l’occasion où jamais !! je sens qu’il arrive le bisou !!!de plus brabbi 9adech bech yosber ? le bisou !! le bisou !! et si c’est pas pour ce soir, je préfère m’exiler chez les sœurs !!» Pour ma préparation et pour le briefing idem que pour la saint Valentin. Pas trop couvert, pas trop décolleté etc…je suis la plus belle, la plus sexy, bech yehbel 3alaya etc…entre nous je pense surtout que bech nehbel fi mokhi à force de faire des fixations sur « la chose » ; qu’il me tienne la main et m’embrasse étaient devenus une obsession !!!
Nous devions donc nous voir mon cher et tendre et moi, pour regarder un film. De plus c’est lui qui a proposé. Haya behi !! keyounou tesser7e7 chowa ou newi 3ala 7ewija.
Et c’est parti pour le show !!!
Haya me kountech mal 3akssine. Je me suis dépêchée de me laver les cheveux qui puaient la clope à cause du café où j’étais l’aprem. Tant qu’à l’embrasser une première fois, autant que tout aille comme sur des roulettes. Il ne fallait pas qu’il y ait de fausses notes.
Shampoing, après shampoing masque et sérum, ensuite brushing, fer à lisser et babyliss, pour une coiffure parfaite à l’américaine. Ensuite tout miser sur la bouche : brossage intensif des dents, fil dentaire pour une hygiène impeccable et polissage au bicarbonate de soude pour un effet sourire Hollywood garanti ; donc si avec tout ça le bisou c’est par pour ce soir, je vais devenir lesbienne et ça sera pas plus mal !!
Il arrive donc ; on discute un peu, et on s’installe sur le lit, comme d’hab. Je mets mon pc, je prends ma couverture, j’éteins la lumière pour « intimiser » l’ambiance. Haya rekechna et le film a commencé.
Je vous raconte pas l’effet du chauffage et de sa présence sur mes pauvres hormones. 9erib enguez 3alih. C’était limite si j’allais pas lui mettre la main dans les ……………. cheveux (non mais pour qui vous me croyez !!!j’allais quand même pas mettre la main là ou vous pensez ; je suis pas ce genre de fille voyons !!)
Haya mes hormones dansaient dans tous les sens, et j’étais là, pauvre Penélope, à attendre Ulysse. Comme la tentative de secouer mes cheveux pour qu’il s’imprègne de mon parfum avait échoué la dernière fois, je tente le regard fatal… j’avais eu la bonne idée de forcer le maquillage de mes yeux au khôl, mascara et pinceau et avec la lumière diffusée par le chauffage halogène (désolée pas de cheminée on fait ce qu’on peut avec les moyens du bord), j’avais tout du regard secret et énigmatique…haya mise en position, je me tourne de trois quart, et essaie d’engager la conversation histoire d’attirer son attention pour qu’il croise mon regard mystérieux. Mais je pense que j’ai trop forcé sur le mystère parce qu’il n’a rien compris et est resté fixé sur le pc !!!
Bon ma cocotte, ça ne marche pas tes plans à la noix. Les choses sérieuses vont commencer puisque c’est comme ça. Je crois que je vais me résigner à passer au plan B, la botte secrète, la technique imparable … la stratégie féminine employée par nos ancêtres ; ce petit truc qui fait toute la différence et qui plaît tant aux hommes : lui laisser croire que c’est lui qui mène la situation..
Les hommes aiment bien protéger, sentir que c’est eux qui dirigent, qu’ils sont les plus forts, que la femme est vulnérable et à sa merci. Il fallait donc me faire passer pour une blonde, faire l’idiote, la cruche, l’oie blanche. (et oui rien que ça !!!!vous croyez quand même pas que j’allais lui faire un striptease !!).
Le film parlait des combats entre catholiques et protestants au 17eme siècle et moi je travaillais sur le christianisme dans ma thèse. Ça tombe super bien me direz vous !!! Et ben non ça ne tombe pas bien. Mais heureusement, au beau milieu du film, je me suis rendue compte, tout à coup, comme « de part hasard », par une illumination et un instinct tout féminin, que je ne comprenais rien au film, et que j’avais comme besoin de son éclairage pour le comprendre.« Euh, dis moi, mais j’ai pas trop bien compris, c’est qui les protestants, c’est les anglais ou les espagnols ?!!! je sais pas comment tu fais pour comprendre, mais moi j’y arrive pas !!! ah ok c’est les anglais,tabarakla 3alik, t’es trop fort !! Heureusement que t’es là !! t’es génial, comment j’aurais compris sans toi ?!! issalem 9rayaytek !! »

Et vous le croirez jamais !!! ça a été le miracle ; la révélation !!! il s’est tourné vers moi, m’a regardé dans les yeux (pour la première fois !!) et m’a dit « bébé, viens dans mes bras, tu comprendras mieux !! » et tout ça joignant le geste à la parole !!! Bingo, j’avais trouvé la formule magique !!! 9erib nechte7 bel ma7aram !! et à votre avis toute blonde qui se respecte aurait fait quoi à cet instant ?!! elle aurait sauté sur lui, et vas-y que je te bisoute et vas-y que tu me pelotes.
Et moi j’ai fait quoi à votre avis ? et bien elli bourjou mel marama me imout kene fi stal baghli !!! j’ai été tellement surprise et décontenancée par sa réaction aussi rapide, que … je l’ai repoussé !!!
Ah mais je suis bête !! mais je suis coincée !! mais je suis conne et mille fois conne !! sabbit rou7i bel ma9loub et pour couronner le tout je lui sors « euh merci, mais je comprend mieux là ou je suis, tu m’as déjà tout expliqué.je viendrais dans tes bras quand je ne comprendrais pas. » ah la bourde !! ah la grosse gaffe !! ah la vexation !!
Et merde que je me dis !! je n’étais pas blonde, je n’étais pas bête et bien entendu et je ne reviendrai plus me lover dans tes bras parce que je suis coincée, parce que c’est moi la grande timide et que pour me rassurer je renvoie tout le tort sur toi !! la honte internationale !!
Mon dieu ya rabbi, fasse que ma tenebezech et qu’il retente le coup pour que je puisse me rattraper. Ououhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh rani bhima !!
et pour couronner le tout, manou qui m’envoie un message entre temps qui me dis ça y’est je suis sure que ça y’est le bisou haya mabrouk !!
Haya mabrouuuukkk ? ya manou ma ta3rafech elli ta copine tafya et qu’elle n’a pas de couilles et que c’est juste une grande gueule !!!
Ma za3ayma kene fel ri9 el bared et quand vient wa9et el rasmi, je me dégonfle !
Et bien entendu, il a fini son film et n’a rien retenté de la soirée !! qu’il a du s’emmerder !!! 3a9ab 3omri je me la joue chaste et vertueuse tout ça parce que je suis coincée du c…l.
J’étais maudite, c’est définitif !!!
( la fin el soug el jey)

tag et déballage. Au suivant!!!

j'ai été taguée par Massir, je comprend pas trop comment ça fonctionne, mais il parait qu'il faut que je parle de moi et que je publie les règles.(je les ai copiées sur le blog de mon Massir
voici le règlement du jeu:
1- Mettre le lien de la personne qui vous a taguée
2- Mettre le règlement du jeu sur votre blog
3- Mentionner six trucs sans importance sur vous
4- Taguer six autres personnes à votre tour.
5- Les prévenir sur leurs blogs
6 trucs sans importance:
1-j'aime me mettre dans mon balcon et passer des heures à ne rien faire en prenant mon petit dej
2-j'adore faire la sieste les après midi où tout le monde travaille et regarder Lucky Luke tous les jours à 16h30 et l'assemblée nationale le mercredi.
3- je déteste les mecs qui ont l'ongle de leur petit doigt long et qui pour couronner le tout mettent de la Henné dessus
4- j'adore la Tunisie, parce que on peut se promener avec son amoureux librement, qu'on peut nager en deux pièces qu'on peut bronzer à côté des filles voilées combinaison pingouin, qu'on peut voir autant de monde dans les mosquées que dans les tobernet et que même quand on est voilée, on peut marcher main dans la main avec son chéri et s'asseoir dans n'importe quel café. et ça c'est beau la liberté de choisir.
5-je n'aime pas l'hypocrisie des homme tunisiens par rapport aux femmes et leur tabou sur la sexualité
6-j'adore Paris, ses contradictions et même mes dépressions que j'ai faites seule dans mon appart situé dans l'un des plus beau quartier selon moi, Montmartre
Après ce petit déballage hyper narcissique, je sais pas ce qu'il faut faire!!!
Au suivant c'est ça?!!!
je vois pas qui tagguer puisque tout le monde l'a été apparement!!!

Ma na7ebouch issali, en7ebou yesker ou ighani ou ijini 3ogb ellil ou i9oli ya liri, ya liri !!!

« Ououuuuuuuuuhhhhhhhhhh ya manou rani faddit !!! si on conclut pas se soir, je peux t’assurer que je vais aller me taper un amant !!! faddiittt bech en….k rou7i » voilà pour résumer le discours que se tapait tous les jours au téléphone ma copine manou, depuis que j’ai rencontré mon cher et tendre gendre idéal (voir infra : in7eb elli imermedni).
Comme vous le savez, j’étais pas très chaude à l’idée de sortir avec lui, mais comme il avait commencé à appliquer les cours exposés dans « le manuel du macho idéal, ou comment séduire les nénettes en dix leçons »il a commencé à me plaire.
Donc voili voilou ,on a commencé à sortir ensemble. Euh j’avoue sortir c’est un bien grand mot, parce que si l’on compte les jours où je me suis tapée ma sœur elli dharbet les9et feya à chaque sortie, mes copines que j’emmène avec moi pour pas me retrouver en tête à tête avec lui ( et oui !! rani 7achema), ma cousine qui vient d’avoir son bac et qui me fait à chaque fois ses yeux de merlans frits et comme ana 7assessa et 9albi 7anine, enkarkarha ma3aya partout où je vais… donc si l’on enlevait tous ces jours ça faisait pas grand-chose.
Au final je pense que le pauvre garçon a du en avoir marre de se taper la fille et toute la tribu avec. Haya lemmit cheje3ti et je me suis dit, moi et compagnie ça suffit. Maintenant on va se comporter en adultes majeurs et vaccinés !! J’avoue en plus que comme ça faisait quand même longtemps que j’avais rompu avec mon couillon de Mister big, el sa9et el hamel, mes hormones me jouaient des tours et j’avais des envie pas très catholiques. Et c’était pas en amenant ma famille and co que M.gendre idéal allait se décider enfin à me tenir la main. (et oui désolé même après deux trois sorties on n’avait pas dépassé le stade de l’échange des civilités !!!)
Haya comme « de par hasard » le bon Dieu a voulu que je rencontre mon amoureux avant la saint valentin. Le problème c’est que j’avais mon amoureux mais que j’étais pas amoureuse. Rabbi ya3ti el foul lelli ma3andouch zourous !! et moi l’éternelle ex romantique, je me disais que pour cette fête il me fallait un minimum de sentiments. Or je ne ressentais rien à part ces maudites hormones qui me pourrissaient la vie !!! et je me disais que cette fête archi conne serait peut être l’occasion idéale de se faire en live un petit film (du genre ceux qu’on passait sur M6 le dimanche soir. Vous me comprenez, petits coquins !!!! ) sauf que moi j’en étais encore au stade de Titeuf et Nadia : il ne m’a jamais tenu la main, et comme vous savez, entre le dessin animé du matin, et le film de minuit, il y avait du chemin à faire !!!
Je prenais mon mal en patience. Voici donc venu le jour de la Saint Valentin. Il me propose de sortir dîner. Je lui dis que je préférais rester dîner à la maison. Bonne idée qu’il m’a dit !!( tu parles que c’est une bonne idée, tu crois peut être que je vais te laisser m’embrasser dans la rue !! déjà que t’es timide si en plus on risque de se faire choper par 3am Me7rez, 3asses el parking, ce sera pas demain la veille que tu vas déflorer mes pauvres lèvres desséchées !!!)
J’avais donc tout misé sur cette soirée en tête à tête en amoureux. Comme il était timide, et que j’avais jamais eu l’honneur de ma vie de fricotter avec ce genre de mecs, mes copines m’avaient briffée toute la journée sur comment regarder, comment parler, comment réagir, ce que je devais porter : pas trop couvert pour pas le décourager et pas trop décolleté pour pas le choquer, pas trop maquillée pour faire genre je suis belle naturellement, et j’ai pas besoin de faire d’effort pour le paraître ( tandis que entre nous je vous raconte pas le temps que je passe entre masque et gommage, fond de teint et anticerne pour paraître belle « naturellement »)les filles m’avaient bien briffée et chauffée ; allez allez t’es la plus belle, t’es la plus sexy ; tu vas casser la baraque taw yehbel 3alik…etc
Et moi dans mon petit coin je chantais, pour un flirt avec toi, je ferai n’importe quoi !! hyper kitch mais hyper in avec ce genre de mecs !!!
Voilà donc que j’étais chauffée à bloc. Le voici qui arrive. Une fleur à la main. Je mets la fleur sur ma coiffeuse. Je lui dirai plus tard que la st valentin c’est pas mon truc que c’est une fête trop nulle ; que j’aime pas, il est tout à fait d’accord avec moi, la saint valentin c’est trop nul. En plus je sais que c’est con, mais j’ai même pas pris la peine de mettre la fleur dans un vase et je l’ai laissée se dessécher là où il l’avait laissée, mais j’ai quand même eu la présence d’esprit de la jeter rapidement dans mon armoire quand il est revenu la fois d’après pour pas qu’il se vexe en voyant que je ne m’en étais pas occupée.
On mange et on s’installe dans la chambre pour regarder un film. Ambiance romantique, lumière tamisée, parfum des grands jours, on est là tous les deux sur mon lit fixant l’écran de mon pc. Haya le film a commencé, on discutait et dans ma tête je me disais : « Quand est ce que l’on va passer aux choses sérieuses mon coco ?!! j’ai plus 15 ans tu sais !! »haya la première heure passe, il parlait pas, je m’emmerdais et je pensais au temps glorieux de mon ex et de notre premier baiser fougueux sur la Seine, à Saint Michel. Ya 7asra !!! je me dis bon, c’est grave !! quand tu es avec ton nouveau copain et que tu penses à ton ex, c’est vraiment mauvais signe !!! et je parierais que lui aussi pensait à son ex, el temse7 mata3 wedhni !!! ( et oui 7allel 3alina 7aram 3alikom).
Je me dis là il serait temps, je me penche un peu, je bouge mes cheveux espérant que l’odeur de mon parfum réveillerait en lui son instinct animal. Et chey el nafa3 rabbi !!! je commençais à m’emmerder sérieusement !!je regardais ma pauvre main orpheline qui pendait lamentablement dessus ma couverture, et j’avais comme des envies de lui en laisser la trace sur la figure.
Ech nowa el hem hedha !! malla frustration!! Dharabni el cheya7!!! Faddit, yekhi mouch rajel walla chnowa?!! Je commençais à me faire à l’idée que le bisou ce ne sera pas pour ce soir!!!et j’avais en même temps des envies de mort d’homme. Et voici que son téléphone sonne. C’est notre ami en commun (celui qui m’a fait faire sa connaissance), ils devaient rentrer ensemble et lui a dit qu’il l’attendrait dans un café le temps qu’on finisse notre soirée. Et moi je me suis dit heya bi3a ma9ata3a haka wa ella haka !!!Autant avoir de la bonne compagnie puisque je me fais chier. Je lui ai donc demandé de venir rester avec nous à la maison. Au moins ça me changera les idées. J’avais donc passé la première partie de ma soirée de saint valentin à attendre que mon grand romantique me prenne la main et passe au moins au stade la saga du dimanche, et la deuxième partie à parler avec notre ami de la super soirée qu’il a passé avec ma sœur.( ils sortaient ensemble).
C’était la soirée la plus mergua de mémoire de soirées !!!Dès qu’ils sont sortis j’appelle manou et je lui dis que je vais l’envoyer balader !! « Mais il est chiant !!! je n’aime pas les romantiques ; je ne suis plus romantique. Ech nowa hel hem mata3 n…mi !!!mnine ja hedha ?!! » bref j’avais le choix: ou rompre avec lui tout de suite ou rester avec lui, prendre un amant, un salop comme je les aime.
Et j’ai commencé à comprendre la fameuse chanson populaire mezoued bel 3arbi : me en7ebouch i7ir in7ebou yesker ou ighir ou ijini 3ageb elil ou ygouli ya liri !!!
(Je suis go3ra et j’assume !!!)
Manou m’a proposé une autre solution à laquelle je n’avais pas pensé : attendre qu’il se décoince…
Et j’ai eu la révélation :Rabbi était en train de me punir en m’envoyant le grand romantique. J’avais décidé de prendre mon mal en patience. Attendons donc puisque de toutes façons les mecs bien ça court pas les rues… (chefe3et fih omi)

à suivre

Le destin pas du tout fabuleux de Habiba A. III

Habiba prend son sachet en plastique va se changer aux WC, fait une toilette sommaire se rafraichit un peu et attend…c’est l’été et le serveur ne finira que vers 2h du matin. Elle sort se promener sur le vieux port pas très loin. Elle s’achète meya zere3a et les grignote en longeant el ba7ar el menten. Habiba se promène près de el Ksaïba mais elle a peur. Si sa mère la chopait…ou un de ses oncles, Bizerte c’est si petit, et tout le monde se connaît, de plus tout le monde connaît sa mère. Oh mais de toute façon, elle est si brune, et il fait si noir que ses cousins ne risqueraient pas de la reconnaitre s’ils la rencontraient. Du moins elle espérait…avoir la nuit pour camouflage… Et Habiba prie, prie de toutes ses forces, elle prie Dieu, Dieu qui ne l’a jamais aimée, comme tous les autres de toute façon. Sa mère ne l’aimait pas, elle qui l’a faite, pourquoi serait-ce si différent avec Dieu. Istaghfiroulah. Oh mais à quoi ça servirait istaghfiroulah vu l’état où elle était… et où était Allah tout court ?en tout cas, Allah n’était pas de son côté à elle. Habiba cogite. Que faire demain ?où aller ? Elle est triste mais n’a plus envie de pleurer. La fille fardeau traine par ci par là, il y a beaucoup de monde dans le centre ville. Elle se fond dans la foule. Elle a l’air tellement quelconque qu’elle passe presque inaperçue. Sa mère s’est elle inquiétée de sa fugue ? A-telle prévenu la police ? Il est minuit passé. Ca fait plus de 10h qu’elle est partie ; et aucune nouvelle de sa famille. Les oncles, la mère et son mari doivent être bien contents puisqu’ils n’ont pas fait l’effort de la retrouver. Elle ne fera pas l’effort de leur revenir. Elle revient donc au manège et attend le serveur. Il est presque deux heures et il vient la chercher. Wine bech tehezni ? lui demande-t-elle. Il ne peut pas la prendre el dar bouh, 3aïb. Mais il a un ami, qui a un petit hôtel, oukala, plus précisément, du côté de Wed el Marj en face de la maternité. La fillette ne se doute de rien et le suit. Ils marchent à pied. La distance un peu longue s’amoindrit avec la nuit. Les gens se font de plus en plus rares. On commence à sortir un peu du centre ville. Le couple presse le pas. Ils arrivent enfin à l’hôtel. Le serveur va voir son ami qu’il avait prévenu au téléphone de sa venue. Il lui parle tout bas. Habiba n’entend rien de leur discussion. Le serveur tend 20 dt au réceptionniste et celui-ci lui donne une clé. Une seule clé, donc une seule chambre. Va-t-il passer la nuit avec elle dans la même pièce ou va-t-il juste l’aider à s’installer. Habiba se pose des questions mais elle s’en remet à lui. Elle lui fait confiance. Ne lui a-t-il pas dit sur la route que dhahra beneya behya et metrobya. Ne lui a-t-il pas dit que sa famille étaient des moins que rien et qu’elle ne méritait pas de vivre avec eux. Ne lui a t-il pas dit qu’elle était belle. Personne ne lui avait jamais dit qu’elle était belle et surtout gentille. El9at khir fel barrani elli ma lakatouch fi 3ayletha. Comment peut-elle ne pas lui faire confiance. C’est le seul qui l’ait aidé et qui lui a trouvé un toit sous lequel dormir ce soir. Habiba est confiante. Il tourne la clé dans la serrure et ouvre la chambre. Il appuie sur l’interrupteur. Une lumière jaunâtre se dégage de la lampe nue qui pend au plafond. Une chambre sordide, avec un vieux lavabo fissuré. Il y a deux lits en fer, et par terre, en guise de tapis, une couverture en laine marron avec un tigre dans la jungle pour motif. Habiba pose son sachet en plastique sur le matelas couvert d’un drap rayé comme celui de l’hôpital où elle a séjourné après s’être ouvert les veines. Tout lui rappelle l’hôpital. Il fait très chaud. La lourdeur de l’air se mélange à l’odeur d’urine qui se dégage des toilettes communes qui sont sur le palier à côté de la chambre. Les murs sont bleus, peints à la chaux comme dans la maison du grand père. Mais c’est un autre bleu, et c’est un autre mur. Ce sont les traces de doigts marron et la moisissure au plafond… La fille fardeau se lève pour se laver le visage, elle arrive à peine à se regarder dans la glace rongée de points noirs et de traces blanches laissées par les gouttes d’eau. La fille fardeau est habituée à la misère. Elle n’est même pas triste. Elle n’est pas heureuse non plus. Elle ne ressent rien. Beaucoup de fatigue et de lassitude peut être. Elle met son portable en charge, elle en aura besoin pour demain. Elle s’assied sur le lit, le serveur s’approche, il se met à côté d’elle. Elle sent soudain une gêne et ses petits seins sous son pull la gênent. Ses beaux cheveux noirs la gênent. Son instinct lui fait comprendre qu’elle n’est plus une petite fille, qu’elle est presque une femme. La proximité de cet homme, son odeur, la chaleur, la lourdeur de l’air, la sueur…quelque chose bouge en elle et l’enivre. Habiba baisse la tête et rougit. Il lui touche les cheveux, elle est comme paralysée. Il lui touche le menton tout doucement, du bout des doigts, et elle sent comme un frisson lui parcourir l’échine. Cette main d’homme si différente de celle sans amour de son père, si différente de celle taquine de ses cousins, de celle brutale de son beau père, de celle si douce de son petit frère. Cette main d’homme …cette main animale. Et la voix qui se lève au milieu du silence qui la fouille et atteint le fond de ses entrailles, le fond de son âme, le fond de son cœur, vide et sans amour.

« N’aie pas peur de moi, Habiba, je ne te ferai aucun mal. » Elle sent comme du courant qui la foudroie.

( à suivre)

Le destin pas du tout fabuleux de Habiba A. (ceci est une histoire vraie) II

Habiba prend quelques vêtements mais elle n’en a pas beaucoup et le peu qu’elle a, n’a pas beaucoup de valeur : pour faire des économies, sa mère lui achetait ses vêtements mel frip mata3 souk el a7ad. Elle cherche son sac de sport Adidas qu’elle prenait pour aller au hammam tous les dimanches ba3d el souk. Le sac est dans la chambre de la mère, sous le lit. Elle n’ose y entrer de peur de la réveiller. Elle va dans la cuisine, cherche un sachet en plastique. La mère les range sous le « avabo », à côté de dabouzet zit el 7akem et fechket el 3atrechya. Elle trouve enfin un sachet « magasin général » de propre. Un seul suffira de toute façon. Elle range rapidement ses vêtements dans le sachet, prend les 100DT, jette un dernier coup d’œil à la chambre, sort en refermant tout doucement la porte. Et court. La fille fardeau court de toutes ses forces, de peur que sa mère ne se rende compte de son absence, et la rejoigne aussitôt, de peur que ses voisins alertent le beau père, elle court de peur qu’on ne la retienne. La fille fardeau, court, la jambe légère et le cœur battant. Il fait chaud dehors, il doit être 15h de l’après midi. C’est l’été, elle traverse le pont de Zarzouna au pas de course, son sachet en plastique blanc à la main, elle est en sueur. Elle est heureuse. Libre et heureuse. Elle n’avait pas de famille, elle était orpheline ; sa mère était morte, son père très loin. Elle avait 15 ans,100DT dans la poche et la liberté. Avec cette fortune en poche, Habiba décide de ne plus se priver, de s’acheter tout ce qu’elle voulait, elle décide d’aller chez el Jmili, le meilleur pâtissier de Bizerte, elle s’achète une grosse glace à 3 boules supplément pistaches svp,1DT500 quand on est habitué à des glaces de 350 milimes, c’est déjà une fortune, et une petite révolution pour la fille fardeau qui était devenue riche !! La fillette prend le goût du luxe, elle rêvait de s’acheter un portable. Sa mère qui faisait des économies pour pouvoir élever dignement ses enfants n’avaient pas les moyens de le lui acheter. Et les 100 DT qu’elle lui avait confiés étaient tout ce qui restait de son salaire après déduction du prêt mensuel, et des petites dettes contractées ça et là comme les vêtements importés de Turquie achetés à crédit chez la voisine. Ces 100DT, la mère les avait confiés à sa fille pour pas que son mari s’en rende compte et les lui demande. La fillette décide donc qu’il était temps pour elle, nouvelle riche d’avoir un portable. Elle entre dans une boutique Tunisiana et s’achète un Nokia 3310 bleu à 50dt, elle avait déjà une vieille puce téléphonique. Heureuse comme jamais et ayant tout ce qui est marque d’indépendance, elle appelle une de ses amies et lui demande de la rejoindre pour faire un petit tour. Son amie la rejoint. Habiba est heureuse ; elle est riche, libre et riche. Elle invite son amie à fêter son indépendance au manège de Sidi Salem. Et comme tout le monde sait, Manège est à enfant, ce que Las Vegas est à nouveau riche !!! La fillette est étourdie par l’argent et les jeux. Elle ne sait plus où donner de la tête entre les autos tamponneuses, les balançoires géantes et le train infernal. Elle s’enivre de liberté. Mais voici qu’il se fait tard, l’amie doit rentrer sinon elle va être grondée par sa maman. La fille fardeau elle, est orpheline, elle n’a pas de maison, elle n’a pas où rentrer. L’amie rentre chez elle. La fillette reste toute seule. Elle ne sait où aller. Sa joie retombe d’un coup. Aller chez le grand père ? Les cousins et les oncles ne l’ont jamais aimée, de plus ils préviendront la mère qui la ramènera de force et elle ne veut plus la voir ni elle ni son mari ni ses enfants. Ce n’est plus sa mère à elle toute seule de toute façon. Elle se lève et marche sans trop savoir où aller. Comment ça vit un orphelin ? Où est ce que ça dort ?comment ça mange ?et puis elle arrive tout en marchant pas loin du cimetière. Elle dormira peut être là bas ce soir. Il faut chercher un carton pour dormir dessous. Mais non elle a trop peur, elle n’a pas encore le courage de dormir avec les morts. Même si sa famille est morte dans son cœur. De toute façon personne ne doit s’inquiéter de sa fugue. Malla ra7a qu’ils doivent se dire. Et puis comme elle est orpheline, elle doit se retrouver avec des orphelins comme elle. Eux ils pourront la comprendre ; la fille fardeau décide alors d’aller à 9aryat Atfel Bourguiba, l’orphelinat de Bizerte qui n’était pas très loin d’où elle était juste à coté du lycée Bech 7amba. Là au moins ils l’accepteront, là elle trouvera une famille d’accueil. Elle y va, il était 21h le soleil commençait à se coucher tout doucement. C’était une heure entre chien et loup. Elle monte la pente, rapidement, le cœur battant d’espoir. Elle arrive devant la porte fermée, elle sonne. Personne n’ouvre ; elle re-sonne, enfin, un petit monsieur, moustachu, lui ouvre la porte. C’est le gardien, à bout de patience. Il lui demande ce qui l’amène à une heure pareille : itfadhel lella ech te7eb ? La fille fardeau lui explique, qu’elle n’a pas de famille, qu’elle n’a pas où aller qu’elle veut habiter fel 9arya. Le gardien à bout de patience lui dit de revenir demain si ça lui chante, que el idara masakra et que c’est à eux de décider. Il lui dit de rentrer chez elle d’arrêter el Ri9 el bared puis lui referme sa porte au nez. Combien a-t-on vu de cas désespérés franchir le pas et sonner à nos portes. Combien a-t-on vu de cas sociaux dans les administrations tunisiennes à qui on demande irja3 ghodwa. A-t-on jamais su, derrière son guichet de bureaucrate ou derrière sa porte de gardien, que la misère n’attend jamais demain?


La fille fardeau redescend la pente, son sachet blanc en plastique à la main, ses vêtements froissés à cause de la longue marche et de la sueur. Où dormir ce soir ? Il fait nuit. Elle n’a pas où aller. Elle retourne au manège et s’assied à une table. Celle où elle s’est assise tout à l’heure avec son amie. Elle regarde les enfants si jeunes, jouer, heureux avec leurs parents, si mignons dans le bonheur si parfait. Elle les déteste, eux leurs mères, leurs pères et leurs petits rires joyeux et leur amour éclatant comme pour la narguer… C’est le moment que choisit le serveur, le même que celui qui l’a servi tout à l’heure, pour venir la voir. Il lui demande ech tochreb ?? Et elle sent cette maudite petite boule lui monter à la gorge. Cette traitresse. Cette chienne de boule qui la prend devant tout le monde quand elle peut plus l’arrêter. Cette satanée boule qui joue à monter et à redescendre et qui ne veut pas partir. Elle ouvre la bouche pour parler et elle éclate en sanglots. Et c’est les larmes qui ne veulent pas s’arrêter. Et c’est cette chienne de vie. Ech tochreb ?!!! la misère qu’elle a bu toute sa vie ?? Cette misère qu’elle a bu jusqu’à la lie… Le serveur ne sait plus que faire devant cette fille de 15ans si fragile et si désespérée. Il lui demande où est sa famille ; elle lui raconte les grandes lignes de sa vie, la fugue, le remariage de ses parents, sa tentative de suicide, les insultes de ses beaux parents, la gifle de son beau père, le rejet de ses oncles. Habiba n’avait pas de famille. Elle n’avait pas où dormir jeune et si seule, …le serveur lui propose de l’attendre à la fin de son service, il ne la laissera pas seule, elle si vulnérable... Habiba est sans méfiance, elle acceptera. Elle attendra ce serveur, cet inconnu…la nuit sera longue... Sait-on jamais... la misère attend rarement le lendemain…

(à suivre)

Le destin pas du tout fabuleux de Habiba A. (ceci est une histoire vraie)

Ses parents avaient divorcé, elle n’avait que quatre ans, les seuls souvenirs qu’elle avait de la maison parentale, étaient ceux de sa mère, enfermée à double tour par son père qui la laissait affamée. Ça pouvait durer un, deux ou même trois jours. Et dans le quartier paisible de Hay el Hana, nul ne se doutait parmi les voisins du drame qui se tramait derrière cette porte fermée à double tour, nul ne voyait derrière cette paisible maison la faim et l’angoisse. Nul ne s’en doutait, pas même le propriétaire qui habitait l’étage, pas même les voisins de palier. Pas même la famille. Que savent nos voisins des drames qui se jouent tous les jours chez nous, à l’abri des regards, dans l’intimité d’un foyer qui a toutes les apparences d’une famille normale.

Puis il y a eu la réconciliation entre le père et la mère, l’humiliation acceptée pour l’enfant, cette rage refoulée et cette envie de tout claquer et de partir très loin, loin du père, loin de ce monstre si affable et sociable avec les autres. L’envie est là, de le priver de son enfant mais de quel droit priver l’enfant de son père. Essayer de reconstruire un couple déjà brisé, dont le seul lien est cette enfant, essayer de reconduire tout son amour, ses déceptions et ses désillusions sur le fruit de cet ancien amour.

Et chaque jour le masque sans cesse recommencé et les joues qui se creusent et les yeux qui se cernent de plus en plus, de jour en jour… fausse couche du deuxième enfant, l’enfer silencieux et la souffrance ; et le père qui revient un jour tout gentil, trop gentil, qui permet à sa femme d’aller chez des proches pour un mariage. La mère emmène la fille toute heureuse, trop heureuse. La mère revient tard le soir ou le lendemain, on ne sait plus, les détails de cette histoire tant de fois racontée, trop de fois racontée se perdent dans les méandres de la mémoire. La mère revient ouvre la porte, entre chez elle, et c’est le vide, le père n’a rien laissé, le père a tout pris, tous les meubles, la vaisselle, les vêtements, les bijoux, les habits de l’enfant, les affaires de la mère qu’elle avait ramenée dans son zehez, plus rien…les bons et les mauvais souvenirs, comme si rien n’avait existé comme si une part de son passé avait été effacée, plus rien que l’enfant qu’elle porte dans ses bras, son enfant à elle, cette fille trop brune, sa fille à lui.

Comment revenir chez le grand père, cette fille dans les bras, la fille de cet homme qui ne ressemble en rien aux enfants blonds de la famille de la mère, qui ne ressemble en rien à ces beaux enfants joufflus bien blancs aux cheveux noirs et brillants ? Comment cette fille du Sahel pouvait –elle être acceptée par les oncles et les cousins de Bizerte ? Le grand père avait prévenu la mère. Elle ne devait pas se marier avec cet étranger, venu du Sahel, cet homme venu de loin, ce sombre inconnu dont personne ne savait rien. Sa peau est trop brune, couleur de la terre, sa bouche trop foncée. La mère est têtue et le gendre affable. La mère s’est mariée contre le gré de sa famille. La mère est revenue une enfant sur les bras, une enfant aux couleurs du père. Sa peau est trop brune, couleur de la terre, sa bouche trop foncée…

Et puis à nouveau les privations pour faire grandir l’enfant, et le regard des gens, sans indulgence pour cette divorcée trop belle, trop convoitée et le grand père sans complaisance envers cette fille qui lui revient avec une autre fille, cette fille divorcée, qui n’a pas su retenir son mari, qui n’a pas su rester avec ce mari, l’étranger avec qui elle s’est mariée contre tous. Cette fille à forte tête la honte de la famille, la honte de la maison. Le grand père l’avait empêchée d’aller à l’école quand elle a eu neuf ans, l’éducation est inutile et elle coûte trop cher pour la consacrer à une fille. La mère fuguait pour aller à l’école, sa soif d’apprendre était plus forte que la dictature d’un père injuste.

Et l’enfant si difficile, qui a du mal à s’intégrer au sein de la maison du grand père. Les cousins trop méchants face à cette fille trop moche, sans bienveillance envers elle, si compliquée si complexée, première de sa classe, violente avec les autres, cette fille sans père trop gâtée par sa mère. La vie ne lui a pas fait de cadeaux pourquoi les cousins lui en feraient-ils ?

Et puis la fuite, la fuite loin de ce grand père trop autoritaire, du manque d’intimité, la fuite de la surveillance des oncles envers cette sœur divorcée et trop libre, qui dérange. Et c’est le prêt sur 25ans et cette maison achetée par la mère, cette maison achetée pour la fille qui commence à grandir et qui se sent rejetée encore et toujours.

Et c’est le bonheur pour la fille et c’est enfin elle et sa mère, loin de tout, loin du monde. Sa chambre à elle toute seule, son bonheur à elles toutes seules, sa maison à elles toutes seules.Une histoire d’amour entre une mère et sa fille qui va pouvoir commencer, s’exprimer loin des regards jaloux des cousins et des grands parents ; loin de l’insulte sale fille gâtée de ta mère. Plus de bagarres, plus de morsures plus d’insultes. L’enfant s’est calmée, elle a oublié son père retourné vivre au Sahel, marié deux jumeaux.

Et puis un matin cet homme qui entre doucement dans la vie de la mère, cet homme trop gentil, trop tendre et la mère est heureuse et la fille épanouie. La mère se remarie avec la bénédiction de l’enfant.

Et puis tout doucement, cet homme qui prend la place d’un père, toute sa vie absent. Cet homme qui prend tout doucement, l’amour de la mère, le lit de la mère, le ventre de la mère, la place de la fille...Et ce petit frère qui arrive, enfant de l'amour, et la fille n’existe plus, et ce nouveau père trop amoureux de son fils, de son vrai fils, et cette mère si soudain si lointaine. Le petit frère est blond, la grande sœur est trop brune elle retournera chez son vrai père au Sahel vers cette famille de qui elle tient ce teint, ces cheveux, ce sourire, ce caractère. Cette famille qui lui ressemble tant et qu'elle connait si peu.

La mère sera soulagée, l’ambiance à la maison était devenue insupportable entre le mari et la fille. De plus la mère a deux nouveaux enfants, et la fille n’a plus de place à la maison, elle est trop têtue, trop compliquée, trop complexée. La mère est soulagée mais inquiète face à sa fille qui part. La famille de Bizerte n’a jamais regretté son départ, ils ne l’ont jamais aimée, tout juste un peu de pitié, elle ne leur a jamais ressemblé.

Le père l’accueille dans son village au Sahel, il est avec sa femme et ses jumeaux. Les grands parents l’aiment bien, les oncles aussi, elle leur ressemble. L’école est loin, la fille est habituée à la ville, aux bruits de la mer, aux gens de la ville, aux taxis et aux bus, la fille s’habituera aux silences de la campagne, aux kilomètres parcourus à travers champs pour rejoindre le collège tous les jours ; elle s’habituera à la pluie et la boue, elle s’habituera à faire le ménage après les cours pour sa belle mère, elle s’habituera à la dictature d’un père envers une fille qu’il n’a jamais comprise. L’a-t-il seulement aimée ?

Et puis petit à petit la rébellion, le sang d’une mère insoumise qui coule dans ses veines et c’est la rupture avec le père, et c’est la rupture des veines et l’hôpital pendant trois mois. Tentative de suicide, le père veut se débarrasser de cette fille déséquilibrée et inquiétante, il la ramène à Bizerte, il n’en veut plus, il la laisse à ses oncles, qu’ils en fassent ce qu’ils veulent.

Les oncles ne veulent pas d’une fille fardeau et déséquilibrée, elle doit revenir chez sa mère et c’est à elle et à son mari de s’en occuper. La fille fardeau a 15 ans, elle occupe une chambre à la maison de son beau-père, elle s’occupe de ses petits frères insupportables, et le mari lui gueule dessus pour un oui et pour un non. La fille fardeau ne sort pas, c’est l’été, c’est les vacances, et la fille fardeau fait le ménage pendant que la mère et son mari travaillent.

La fille fardeau est jalouse de ses demi- frères, de ces deux bébés (un et deux ans)trop mignons, trop blonds trop aimés…la fille fardeau donne une tape à son petit frère et le mari la gifle et la mère lui crie dessus et la fille fardeau s’enferme dans la chambre, un fardeau sur le cœur. Elle n'a plus de famille, plus de mère, sa mère est la femme de ce mari et la mère de ces deux frères. Elle n'a plus à exister. Elle est orpheline. Et c’est la rage muette et cette envie de tuer qui revient, cette envie de s’automutiler…La mère fait la sieste, il fait chaud, c’est l’été, le mari est sorti, la fille fardeau s’est vu confier la vieille 100dt par la mère. La fille fardeau profite de ce moment; elle veut partir très loin…


Ps: l'histoire n'est pas finie si vous aimez, il y aura la suite

en7eb illi immermedni!!! et je hais les contes de fées


En7eb elli imermedni, dis-je l’autre soir à ma collègue Nad, qui partit dans un grand éclat de rire. Et oui je l’avoue je fais partie de cette majorité inavouée de femme, qui quand elles tombent sur un gentil garçon, weld 3ayal metrobbi, et 7achem l’envoient balader et ma ya3chkou ken el rajel elli itafihom, ma ijihomech et ma ihezzech 3alihom el teliphoune occupé qu’il est avec ses potes à regarder la coupe d’Afrique ou peut être même en train de se taper une partie de jambes en l’air pendant que lella se ronge les sangs !!!
J’avais eu le malheur à mon jeune âge de tomber sur celui que je croyais être l’homme parfait, sur mon âme sœur sur cet autre moi, et mon plus grand malheur était sans doute mon manque de discernement vu que monsieur (dont je ne dévoilerai pas le nom ici) était un homme public (monsieur est artiste) et moi je suis tombée 3amya samya sur lui et plus rien n’existait. Mais monsieur se produit sur scène, a très souvent des spectacles, des obligations personnelles et très peu de temps à me consacrer, et une femme se nourrit d’attention c’est connu ça !!! Je voyais donc ma pauvre jeunesse (pendant deux ans) défiler sous mes yeux mais je ne pouvais me défaire de lui. (Ça c’est pour le côté poétique de la chose) !!



Mais un jour enfin, je prends mon courage à deux mains, mes cliques et mes claques et décide qu’il était temps de na3mel chakhsya ou hema el rou7i et que après tout menich malaw7a lih comme dirait ma copine Manou !!! Bon et bien c’est beau de faire ta chakhsya dans ton coin quand tu décides de ne plus le rappeler, que tu attends que lui le fasse pour te prouver qu’il tient à toi, et que t’es là à attendre euhhh depuis attendez que je regarde la date, oui un mois, c’est bien ça un mois à attendre qu’il appelle !! vous avez plus de probabilités d’être appelée par maître Kefi pour vous dire que vous avez gagné au Sandouk via sms qu’être rappelée par Mister S. de vos Couilles, votre âme sœur, l’homme de votre vie.



De toute manière, ils nous ont toujours menti dans les contes de fée, ils ne vécurent jamais heureux et eurent beaucoup d’enfants et puis de toute façon, un crapaud reste toujours un crapaud il ne se transformera jamais en prince !! Ou pire…vous tomberez sur le pseudo prince charmant qui se transformera en crapaud dès que vous l’aurez embrassé (ou plus si affinités) !!!! (Enfin je me comprends)Je hais tout ce qui nous a conditionnés dans l’attente de l’amour unique et idéal. Haro sur Blanche Neige et Cendrillon et sur la Belle au bois dormant, qu’elles aillent toutes crever avec leur prince idéal, leur maison idéale et leur bonheur idéal. Je préfère être la méchante sorcière que la princesse pleurnicharde !!!!


Je hais les contes de fée, les harlequins, les abirs et la saga du dimanche après midi sur M6.



Bref j’avais décidé de finir vieille fille, sexuellement épanouie comme Carry Bradshaw dans Sex and the City et d’écrire des chroniques dans la Presse en attendant les retrouvailles surprises avec Mister Big (au dernier épisode à Paris pour celle qui ne l’auraient pas vu 5 fois minimum comme moi).



Qu’ils aillent se faire foutre Mister S. de mes Couilles et Mister Big !! (ils se ressemblent beaucoup par ailleurs) décide t-on après s’être shootées au jus d’orange et après un bon gâteau super calorique de Pyramide (acheté à 2dt500 équivalant à 2kg500 de plus sur la balance) mangé à la terrasse du balcon, ma copine Manou et moi. De toute façon bech enbabsou vu que netchartou yesser !!! et on se goinfrait en même temps de pâtisseries c’était limite les deux dépressives dans toutes leurs splendeurs.


Et puis voici donc, que bon gré mal gré, je me fais à l’idée que tant que je ne vais pas me marier avec lui, je me marierai avec personne et tant pis pour ma mère, elle n’aura pas une petite fille qu’elle appellera Fatma el Zahra ni un garçon qu’elle appellera Adam. Je ne sais pas si votre mère est comme ça, mais la mienne me fait du terrorisme sentimental à moi et mes frères et veut à tout prix choisir le nom de nos enfants. Rien que pour ça je ne veux pas avoir un enfant la première pour que ça ne tombe pas sur moi !!!!



Mais comme vous le savez, femme est inconstante, et voici que par une belle après midi ensoleillée à la Marsa_ za3ma hedheka el nahar elli ta7ki 3alih el degueza ?!!!!_je rencontre par l’intermédiaire d’un ami, un jeune homme, le profil type du gendre idéal ( du genre si ma mère le voit c’est elle qui va demander sa main !!!) pour tout vous dire, grand de taille, très bien bâti, de beaux cheveux, une belle gueule, cultiré, bon boulot, bonne situation, belle voiture, weld familia, jeune etc…. bingo !!!J’étais rassurée sur ma descendance, j’aurais de beaux enfants avec lui et oui !!!!! Et je lui ai plu !!! Et je me dis the show must go on !!! L’instinct de survie était plus fort que moi.


Mais il a fallu que ce soit trop facile, trop accessible, et ça m’a fait peur !!!Comment ?!! Message kol lilla à 22h, des sorties le soir en veux tu en voilà !!! Un mec disponible quand tu l’appelles !! ne7lem wa ella bel7ak ?!!! Sa3di kam ou bien il ya anguille sous roche ?!!!



Et bien comme c’était trop facile et que, comme je n’en doute pas une seconde, mon premier ex Mister Deguez, ne s’est jamais remis du fait que je l’ai plaqué et a décidé bech yermilli etlamess et essa7erni pour que je sois malheureuse en amour, je n’étais pas satisfaite !!! faddit bel 3arbi !!!manich mestensa bel 3ezz !!! Je répondais à peine à ses messages et ma sœur me disait taw rabbi yetla3 fik !!! oula !! quelle menace !! Mais entre nous quand tu ne fais pas d’efforts, ton mec dans son langage à lui décode que enti 3aziza et que tu te fais désirer et il s’accroche de plus en plus et plus ettafih et plus il s’accroche !!! C’est génial quand tu veux donner une leçon de « manich rakhisa » à ton mec mais ça l’est moins quand t’es pas spécialement attirée par la personne. (Va expliquer au mec que tu ne l’appelles pas parce que tu ne veux pas le voir et non parce que tet3azzez, me yefhem chey !!!)



Etant sans doute un peu conne mais pas bête je me suis dit je vais quand même essayer de rester avec lui et je m’habituerai petit à petit à lui, surtout que c’est quelqu’un de très discret et de très 7achem et qu’il me laissera le temps. Mais nous les filles on préfère el zoufri el 3ayek, le mauvais garçon le macho le salop le bezness le veyess, jamais celui ki est 3and rou7ou et qui n’a d'yeux que pour vous !!! Et bien entendu j’aimais encore secrètement mon Mister Big à moi qui n’avait jamais de temps pour moi. Et je rêvais avant de dormir du mélange parfait à faire entre les deux pour enfin trouver l’homme qui saura me rendre heureuse. Mais encore faut-il que je sache moi ce qui me rend heureuse !!!



Et il a fallu un beau jour que mon cher gendre idéal ne m’envoie pas mon sms habituel du soir. Il est sans doute fatigué me dis-je ou bien il n’a pas de crédit. Ou tout simplement il en a marre de ma froideur et est allé se consoler dans d’autres bras…allez, dès son réveil demain taw iba3thli !!!Je me réveille le lendemain et je scrute mon tel : nada


Et je commence à m’inquiéter, j’attends toute la journée, rien !!! Le soir 22H ? Toujours rien !!! Mais enfin ech 3amalat ??!!! Ça y’est da3a okhti 7ak feya !! Ça m’apprendra à me vanter devant les copines qu’il y a un mec qui me court après !!! nestahel !! Mais comme j’ai pris des cours de karama j’ai décidé de ne pas l’appeler.


Le lendemain idem, nada de nada !!! Alors là trop c’est trop !!! Je ne lui fais plus d’effet ?!!! J’ai perdu mon charme ?!!! Est-ce qu’il serait tombé sur des photos chelous sur facebook par hasard ?!! Je m’inquiète…je m’inquiète ?!!! Mais l’inquiétude n’est ce pas l’intérêt ?!!! Il a fallu qu’il m’ignore deux jours pour que je le reconsidère et qu’il monte dans mon estime ?!!! Je suis maso !!! Je prends mon tel et pour la première fois depuis qu’on s’est rencontrés, je lui envoie un sms de ma propre initiative (après tout, il lui est peut être arrivé quelque chose !)Il ne m’a pas répondu tout de suite contrairement à son habitude… taffeni bel 3arbi il me fait mariner (ou bien là c’est sur, il doit être mort et enterré pour m’ignorer autant).


Après deux heures il me répond (ouf il est vivant et il a du crédit sur son tel le salop), « merci pour le message, comment ça va ? Tu me manques »... je lui manque mon Q ouais, pourquoi il m’a pas appelée alors ?!!! Le salop !!! Il se fait désirer…… et je suis rassurée !!!et il commence à me plaire et je sens que je commence à accrocher. Il a des talents secrets...


et moi zayed on ne se refait pas, and life is life comme on dit et j’en reviens à ce constat rassurant…en7eb elli imermedni !!!

Copie non conforme ou Babel réinventé

Après ma petite virée au cinéma pour voir Junun (voir infra) mes petites camarades et moi avions décidé d’aller voir Copie non-conforme à el Teatro. Nous y étions allés un vendredi après une journée harassante de boulot ; et c'était pas vraiment la forme. Avant d’aller plus loin, il faut dire que la pièce m’a un peu fatiguée à cause des dialogues hystériques des personnages ; la musique un peu forte et surtout ces crises de démence qui rappellent beaucoup Junun, et franchement un film et une pièce pareille à une semaine d’intervalle, il faut avoir les nerfs solides pour le faire !!! Donc évitez d’y aller en semaine après le boulot et après Junun, mais c’est quand même une pièce assez intéressante et originale à voir. Mais revenons à el Theatro. Il n’y avait pas grand monde ce soir là au théâtre. La salle a ouvert ses portes à 20h30 tapante (ouf !!! enfin de la ponctualité en Tunisie !!!).En entrant nous découvrons une scène minimaliste ; aucun décor. Deux personnages (un homme et une femme) se détachent du mur au fond de la scène, leur contour est dessiné à la craie, comme dans les scènes de crimes quand la police trace l’emplacement des cadavres pour les investigations. Deux autres personnages que l’on découvre après, sont sur le devant de la scène, en face de deux projecteurs, et nous découvrons leurs visages à contre-jour. L’homme et la femme regardent fixement. Ils sont comme pétrifiés, dans leurs contours immobiles. L’un des deux autres personnages est figé au dessus de la lampe dans un rictus diabolique ; son acolyte débite un discours incompréhensible, logorrhée qui se mêle au brouhaha de la foule des spectateurs en train de s’installer.Une fois tout le monde en place, une voix de femme sortie d’on ne sait où, et disant quelques mots dans un français approximatif, s’adresse à nous spectateurs nous demandant de filmer le spectacle si on le voulait et de le faire circuler sur dvd vu qu’il n’y avait pas de droits d’auteurs et que de toute manière cette pièce était une copie non-conforme._Je voudrais juste ajouter une remarque sur cette tendance de plus en plus en vogue qui consiste à faire participer le public au spectacle pour être sûr de son adhésion et pour créer une certaine complicité entre les comédiens et les spectateurs surtout que les personnages n’hésitaient pas à se balader entre les rangs et à s’adresser à nous : personnellement j’ai apprécié cette promiscuité et cette ambiance intimiste mais je ne crois pas que les personnes assises devant aient vraiment apprécié que l’un des acteurs les arrose de son crachat en parlant ; ils s’étaient même mis à se couvrir la tête de leurs manteaux les pauvres !!!!! Autre chose un groupe de 3 filles assises sur la gauche n’arrêtaient pas de rigoler à haute voix et d’applaudir à tout va (même quand ça faisait pas rire) en regardant le public s’il les suivait, est ce qu’elles étaient payées pour ça ; pour mieux montrer que le spectacle était drôle et intéressant ?!! c’était agaçant (puisqu’elles couvraient la voix des acteurs)et ridicule en tout cas !!! fin de ma longue parenthèse_Donc cette scène, selon la voix off, serait une copie non conforme mais non-conforme à quoi? Non conforme à une la réalité sociale d’un couple en proie à ses démons (les deux acolytes), à leurs individualités, à leurs attentes l’un envers l’autre des fois exaucées souvent déçues? Non conforme à une réalité qui canaliserait l’exubérance de personnages dont le moindre sentiment est poussé à son paroxysme, la joie comme la peine, les disputes et les réconciliations ?Le décor est dépouillé à l’extrême, c’est le jeu des personnages qui occupera cet espace métaphorique dont l’absence signifie l’ubiquité : la rhétorique des corps se déploiera au gré des vides de la scène: nul entrave au mouvement que le corps de l’autre qui affronte ou abandonne.Les lieux déserts sont aussi les endroits privilégiés du combat entre le bien et le mal que se livrent les personnages. Tout se passe sous le regard malveillant des deux autres protagonistes qui n’interviennent jamais directement dans la scène se contentant par moment de guider le couple comme un marionnettiste qui tirerait les ficelles : deux démons lubriques qui poussent la jeune fille dans les bras de l’homme pour mieux se rincer l’œil de leurs ébats.Une ambiance psychédélique, parfois hystérique mais souvent drôle. Une fête du Verbe qui oscille très souvent entre sublime et grotesque. Le langage est l’expression d’une certaine subjectivité et devient colère ou prière. Une vulgarité de gestes et de mots qui se cachent à peine sous le voile de la métaphore ; la main de l’homme caressant l’ombre du dos de la femme reproduisant presque une scène sexuelle ; les mouvements de ce pauvre malheureux en rut qui hurle à la mort son désir pour elle ; l’infortune d’un homme (ou bien d’un homme qui joue le rôle d’un homme comme l’a dit le diable au début) qui a peine à avouer ses faiblesses sexuelles se targuant d’avoir une 5CV dotée d’un frein…L’infortune d’une femme (femme enfant, au bord de la crise de nerf)qui n’arrive pas à trouver le plaisir avec son homme et qui entre dans une crise d’hystérie contre cet impuissant qu’elle a dans son lit et dont elle est amoureuse. Dévoyer la parole c’est transposer un acte sexuel momentanément suspendu et qui se conclura vers la fin…A un certain chaos, à une certaine fragmentation des personnages se substituera une parole unificatrice : le discours de l’amoureux éconduit et accepté. Les personnages sont tous les deux portés dans leur dynamique vers cet Un que symbolise l’amour : comment faire un quand on est deux. Comment deux personnes si différentes dans leurs contradictions et leurs doutes peuvent-elles vivre ensemble au nom de l’amour. Les personnages tendent tout deux vers le rassemblement et la réunification des matériaux d’un chaos primordial sous l’égide de Babel ; la parole dans Copie non conforme est ambivalente ; le discours amoureux s’opposera à la parole diabolique qui sème le doute et le mensonge. Mais le couple tentera néanmoins de recréer un nouvel espace homogène où il pourra se comprendre dans sa dualité.Des esquisses de problèmes que rencontrent tous les couples, des esquisses à demi-teinte ou comment guérir par le rire. Des disfonctionnement dialogique qui tiennent sans doute à cette culpabilité originelle d’Eve tentatrice et pécheresse, associée du diable (comme nous le verrons à la scène finale quand elle tend une main complice au personnage démoniaque assis par terre). Adam qui l’accompagne sera-t-il l’éternel mystifié ?

Parfums de mes souvenirs étranges

Dans cette vieille rue où je trainais des pieds,j’ai figé le temps comme sur du papier, jauni et usé... Les cahiers des écoliers enveloppaient les glibettes chez les épiciers,
5 millimes un biscuit et 20 le chekly

Mon pays de figues et de vignes,de chaux bleue et de murs blancs; de Cap blanc à Ferry-ville, mon enfance s’en va flânant...

Parfumez-vous à l’eau de rose; jeunes demoiselles, au creux des seins,
que naissent olives et fleurs d’orange tressez vos couronnes de jasmins,
odeur de mes souvenirs étranges...

Mon pays d’algues et d’épines, chair des plages et des déserts
Des femmes faciles, des filles austères,
L’amour a goût d’orange amère...

Je veux que ma promise soit, drapée de marbres et de soie,
beauté païenne entre mes bras,
J’avancerai à petits pas, laver l’offense à la mosquée de Al Ksaïba

Bizerte des marins et vertiges...il m’arrive de rêver à toi, du vieux port et de la Plazza
Et de Zkak el Manoubia
Je suis fils de mers et paysans des andalous et des gitans, d’arabes, de turcs, de juifs errants
Des français et des allemands
Enfants de tes contradictions