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Poser une question comme une excuse et recevoir la réponse comme une injure.Sourire dynamisme et bonne humeur, attributs obligés du téléenquêteur modèle, sourire qu’on accroche dès qu’on décroche le combiné, et qui retombe comme le masque d’un clown, le spectacle terminé, spectacle qui n’aura duré que le temps d’une enquête, ou seulement de dire, « je suis Dominique Dumas », mythique et androgyne, à la fois homme à la fois femme, pauvre affamé(e) qui travaille dans l’anonymat, et dont les élans narcissiques ne se traduisent qu’en sortant du lot des Dominique en réalisant plus d’entretiens que ses homonymes, pour des industries de lessive, de voiture, ou de machines à affranchir.
J’ai découvert que le travail tenait plus de la souffrance que de la dignité. Me prostituer pour gagner de l’argent, prostituer ma voix au téléphone, ras le bol. Marre du combiné qui vous agresse en raccrochant, marre de la voix aigue des secrétaires. Je pense qu’il ne devrait y avoir que des hommes au téléphone, avec leur voix si belle et si grave, une voix pleine qui prend la peine de se poser, qui vous caresse comme un murmure, une voix qui tapote au lieu que de pincer.Et puis dans cette vie de marche ou crève, je marche la marche de la mort, je suis la cadence ou me fais écraser, je me fais écarter ; sans travail sans argent, je me retrouve dans le fossé.
J’ai vécu ma première expérience professionnelle comme une agression. A quoi m'ont servi mes études si c'est pour être obligé de me lever à 7h du mat et regarder des programmes débiles à la télé pour essayer de me réveiller. Courir pour rattraper le bus, être bousculée dans la foule des travailleurs qui vont eux aussi gagner leur misérable vie. Et je me rappelle mon père qui n’a jamais voulu que je travaille pour ne pas que je me fatigue, qui m’a toujours dit qu’il fallait terminer mes études pour être prof à la fac et ne pas peiner toute ma vie comme lui l’a fait. les parents faisaient partie de cette époque, où faire des études assurait un avenir, assurait d'etre respecté. Que savent-ils de la frustration d'être payé une misère par des profiteurs qui ont pour la plupart le bac à peine et qui parce qu'ils sont français, profitent en Tunisie, du laisser aller des autorités concernées quant aux droits les plus élémentaires du travailleur: être considéré comme un humain et non comme une machine à statistiques sur un tableau blanc qui résume à force de barres et de chiffres, les "performances" de chacun.
" hamdoulla elkit khedma, ghirek ka3ed batal..."
Ce n'est pas autant le travail qui dérange, il n'y a aucune honte à gagner en toute honneteté sa vie mais c'est l'exploitation et le non respect de la dignité humaine par des patrons voyous qui profitent de la misère et du chomage des jeunes diplomés. temchi enti iji ghirec:
n'importe quelle ines, devient anaïs, imen devient mylene, ali devient alain; emna devient emma... au delà de l'identité effacée,c'est sa dignité qui est ébranlée.
Mon père qui comme des milliers de père voudraient épargner cette souffrance qui recommence tous les matins qui vous suit, qui vous ronge votre jeunesse et votre vie. Cette souffrance qui fait les pauvres gens qui ont souffert se sacrifier pour leurs enfants pour leur faire vivre une vie meilleure. Cette souffrance humble et muette sentiment d’avoir accompli un devoir ; je comprends aujourd’hui le bonheur de mes parents quand j’ai obtenu mes diplômes, je comprends aujourd’hui leurs sacrifices et je compte tout ce qu’ils m’ont offert depuis mon jeune âge en nombre d’heures qu’ils ont travaillées, en nombre d’heures qu’ils ont galéré.Et je revois chaque matin le visage triste et fatigué de mon père, je le croise dans chaque regard dans le métro, dans la rue, ce visage, je ne le vois que le matin ou à la sortie à 17h. Et je voudrais crier de rage, je voudrais que mon père reste chez lui qu’il se repose d’avoir tant travaillé que je me sacrifie à mon tour, que je gâche toute ma jeunesse pour lui épargner sa vieillesse et avoir comme lui, la consolation en travaillant que je me sacrifie pour lui et non pas pour les patrons…
( ce post a été réactualisé)
" hamdoulla elkit khedma, ghirek ka3ed batal..."
Ce n'est pas autant le travail qui dérange, il n'y a aucune honte à gagner en toute honneteté sa vie mais c'est l'exploitation et le non respect de la dignité humaine par des patrons voyous qui profitent de la misère et du chomage des jeunes diplomés. temchi enti iji ghirec:
n'importe quelle ines, devient anaïs, imen devient mylene, ali devient alain; emna devient emma... au delà de l'identité effacée,c'est sa dignité qui est ébranlée.
Mon père qui comme des milliers de père voudraient épargner cette souffrance qui recommence tous les matins qui vous suit, qui vous ronge votre jeunesse et votre vie. Cette souffrance qui fait les pauvres gens qui ont souffert se sacrifier pour leurs enfants pour leur faire vivre une vie meilleure. Cette souffrance humble et muette sentiment d’avoir accompli un devoir ; je comprends aujourd’hui le bonheur de mes parents quand j’ai obtenu mes diplômes, je comprends aujourd’hui leurs sacrifices et je compte tout ce qu’ils m’ont offert depuis mon jeune âge en nombre d’heures qu’ils ont travaillées, en nombre d’heures qu’ils ont galéré.Et je revois chaque matin le visage triste et fatigué de mon père, je le croise dans chaque regard dans le métro, dans la rue, ce visage, je ne le vois que le matin ou à la sortie à 17h. Et je voudrais crier de rage, je voudrais que mon père reste chez lui qu’il se repose d’avoir tant travaillé que je me sacrifie à mon tour, que je gâche toute ma jeunesse pour lui épargner sa vieillesse et avoir comme lui, la consolation en travaillant que je me sacrifie pour lui et non pas pour les patrons…
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