
Vous l'Absent,
Ce n'est pas une ardeur dans mes veines cachée, c'est Vénus toute entière à sa proie attachée...

Hier soir, j'étais allée voir Mme Kenza avec des amies. La salle du colisée était comble. Dès son entrée en scène, je découvre une Wajiha Jendoubi transformée, une Anne Roumanoff tunisienne. Impertinente, farfelue, à la limite de l'obscénité, elle nous met face à nous même, à notre éducation et à ses contradictions. Elle nous raconte sans tabous, les fantasmes d'une femme mariée à un homme qu'elle n'aime pas et qui rêve la nuit de l'homme désiré et à qui son garçon finira par ressembler. Yassine, ce gros bébé gâté, insupportable comme tous les mioches traîne sa misère devant la maman, dépassée comme toutes les mères. Madame Kenza en veut à ses parents, à ses voisins, à son mari, à elle-même, à la société. Elle nous rappelle ce constat ô tellement vrai, qu'elle n'est pas la seule à éduquer, mais que tout le monde met son grain de sel dans la vie de chacun et elle souffre. A chaque fois qu'elle souffre, elle ferme la porte, les fenêtres, les rideaux…elle s'enferme. L'exil répond chez elle à l'aliénation et c'est sans doute pour cela que son fils est parti. Est-il vrai que notre Tunisie ne nous offre rien si on n'est pas FILS DE… ? Un constat d'échec de tout un système gangrené sans doute par les grosses fesses des tueurs de serpent. Impolie Mme Kenza, quel régal !
Cependant, deux ombres au tableau :
Sans gêne, Mme Kenza, même quand des fois elle se perd dans des longueurs inutiles, se répète et ennuie. Le spectacle aurait gagné à être un peu moins long et un peu moins bâclé vers la fin.
Sans complexe Wajiha Roumanoff, même quand des fois elle pique des skteches à Gad el Maleh (le sktech sur le programme éducatif et notamment la baignoire). On s'en serait bien passé, chère Wajiha. Tu as tellement de talent que tu n'as pas besoin de copier qui que ce soit. Reste toi-même, c'est pour cela qu'on vient te voir et non pas pour voir une traduction tunisienne d'une vanne de Gad.
En tout cas, bravo pour ce spectacle et bonne continuation !