Z...voile sur la tête et feu aux fesses
Publié par jolanare à 14:19 12 commentairesFestival du film amateur à Kelibia, Mejdi Dabebi, la palme du plus beau film
Publié par jolanare à 09:19 3 commentairesJe suis allée tout à fait par hasard, et depuis je voudrais y rester toujours. Le festival annuel du film amateur à Kelibia. Des films amateurs, il y en avait : de très médiocres, mais d’autres ont été un pur bonheur. je n'ai assisté qu'à ceux projetés le vendredi soir. C’étaient les films Rapprochement de conjoints, Real life (beaucoup de bruit pour rien), Paola est parti ( le titre nous laisse dans l’attente d’un beau film latino mais on se retrouve devant un scénario insipide qui irra9dou el kelb 3ala kharaytou). Les scénarios de ces films sont pire que celui des films X dans la finesse des répliques et la recherche esthétique, ne parlons même pas du jeu de certains acteurs. Ca reste cependant le festival du film amateur me diront certains, je le conçois mais l’amateurisme ne veut pas dire manque de sensibilité artistique, car fort heureusement, d’autres « amateurs » s’en sont tirés comme des chefs aussi bien par l’originalité du sujet traité que par la sensibilité esthétique de leurs courts métrages.
Pour l’originalité du sujet, j’ai adoré aussi bien Dentophobia qu’Obsession. Ce dernier en plus nous a donné droit à des scènes d’une grande beauté pour ne citer que celle sous l’eau et la dernière sous la pluie. Mais le plus beau film est à mes yeux Terres voilées de Mejdi Dabebi. C’est l’un des rares réalisateurs qui a pris le pari de compter sur l’intelligence du spectateur. Le film dérange au début, on ne comprend pas et on s’applique à comprendre. Un film comme je les aime, fin, esthétiquement recherché. Un film muet mais qui fait parler. Le jeu des acteurs très théâtralisé par moments met en scène une femme qui oscille entre révolte et soumission face à l’Homme, (le choix de l’acteur est assez pertinent ; un homme viril, brut et brute, celui de l’actrice un peu moins car beaucoup moins fine pour le rôle). L’originalité du film ne réside pas dans le sujet mais dans la manière de le traiter, s’attaquer au sujet éculé des relations hommes femmes sans sombrer dans le cliché est un défi que Mejdi Dabebi a relevé avec brio. S’il est un mot qui pourrait résumer le film, c’est bien le mot objet. Le réalisateur raconte l’objet pour raconter l’homme. Le fétichisme de Mejdi se rencontre au détour d’un mur sur lequel on écrase une orange que l’on a épluchée, il se rencontre dans la fabrication d’un collier, d’une ficelle nouée à un pied ou d’un voile éthéré flottant sur l’eau, abandonné derrière soi comme les mangas japonais de mon enfance. Une finesse asiatique que l’on retrouve dans un film tout en pudeur. Mejdi Dabebi ne dit pas. Il fait signe. Les ombres chinoises vers la fin mettent en scène une parade amoureuse aérienne. La femme s’est libérée de son voile et s’est offerte. Un homme, une femme, illusion adamique de ceux qui ne faisaient qu’un avec la nature : il dompte le feu par la terre, elle abandonne son passé dans l’eau sans retour. L’Homme feu se transforme en homme oiseau, majestueux et superbe, il tente de s’envoler. Icare, l’enfant oiseau a volé, mais s’est trop approché du soleil…mais lui ne craint rien, il s’envole à la faveur du soir, du soleil qui se couche ; derrière les ombres chinoises. Et Mejdi Dabebi s’envole derrière lui, sur scène recevant le prix du coup de cœur du jury pour la recherche esthétique du film.
Sous vos applaudissements…. s’il vous plait.
Des us et coutumes de la FTCA, la secte des divins rêveurs à Kelibia.
Publié par jolanare à 09:17 5 commentairesFTCA, la secte comme j’avais l’habitude de le dire à yo ma copine de Paris. Depuis 7 ans qu’on se connaît, elle n’arrêtait pas de me rabattre les oreilles avec hammam lif, ou jeme3et FTCA. Pour moi ces initiales barbares me donnaient l’impression d’appartenir à un monde auxquels seuls les initiés avaient droit d’entrée, un peu dans le genre des loges franc-maçonnes. Les membres de la FTCA se retrouvaient tous les ans à Kelibia, pour envahir les gradins de la maison de culture et du restaurant d’el mansoura. Le cinéma était leur religion qui célébrait leurs noces bachiques sur la plage de 2h à 6h du mat ou simplement à la belle étoile de la terrasse d’un hôtel pourri à 50 dinars la nuit. Bois voici mon sang. Et puis chaque religion a ses rituels, celle de la secte des divins buveurs, après les noces bachiques se dirige vers le port pour prendre le petit déj. Chaque religion a ses rituels, dans la secte des divins rêveurs on mange du méchoui de poisson sur le port en guise de petit déj. Rituel barbare auquel on a vite fait de prendre goût. On ne vit pas que la nuit, les jours de festivals, on vit tout court. Le temps ne dépend plus du coucher et du lever du soleil. On s’affranchit du temps selon sa propre subjectivité. Le temps des fêtes et des célébrations religieuses, est celui de la réitération cyclique. Nous vivons le temps éclaté, et allons au-delà des limites imposées par le corps. Une forme d’ascèse subjective que prêchent les enfants de Noé.
Nous attendons le coucher du soleil et nous sortons, nous allons au temple célébrer l’eucharistie cinématographique. Les adeptes ont les yeux rivés sur l’écran. Les images se succèdent nous hypnotisent. Et moi je regarde la lune derrière l’écran. La lune comme cet écran renvoie la lumière et renvoie des images. Hommage à la lune. C’est quand le soleil n’est pas que le cinéma est.