Je pousse un coup de gueule, marre de me faire plumer ! Marre de me faire souffler la place par des gens moins compétents mais plus pistonnés. J’ai toujours rêvé de partir de ce bled pourri. Majeure de promo, j’ai décroché une bourse qui a failli ma passer sous le nez vu qu'un collègue pistonné a demandé à son frère qui bosse au rectorat de planquer mon dossier et de l'envoyer après la date pour que je l'ai pas. j'ai failli ne pas l'avoir si ce n'était l'intervention de mes pistons charitables que je n'aime contacter qu'en cas de force majeure. Je pars pour faire mes études à
Paris, là bas, galère galère galère, el ghorba ou el 3icha batata ! je me suis dit, bon j’ai presque fini ma thèse, je reviens au bled parce que je suis contre ceux qui partent sur le compte de la Tunisie et qui ne reviennent jamais. Je me suis dit mon pays a besoin de moi, je me dois de rentrer transmettre aux générations futures ce que j’ai appris, je me dois de former ces jeunes tunisiens qui n’ont pas eu la chance de partir se former ailleurs comme moi (et bla bla bla). Je suis revenue comme beaucoup avant moi, plus optimiste que d’autres sans doute. Au petit bonheur la chance. Je n’attendais pas de la gratitude, je ne faisais que mon devoir, je ne m’attendais pas non plus à m
e faire entuber. Et bien bledi, comme on dit, m’a donné « sobo3 el west » !! et oui ehchewhouli bel 3arbi ! dans d’autres cas que celui là , j’avoue que ces jeux solitaires ne sont pas des plus désagréables, mais se la faire mettre à l’envers par de minables bureaucrates bedonnants, vous conviendrez que ce n’est pas des plus commodes bien que ce soit en Tunisie le sport national, et vu le nombre de personnes à qui on la met à l’envers, je ne pense pas que l'engin soit des plus hygiéniques.
J’avais donc décidé de bosser comme contractuelle dans une fac tunisienne. Je ramène tous mes papiers au rectorat. Après avoir signé le contrat au début d’année et commencé à bosser, le rectorat m’appelle pour me demander l’équivalence de mon diplôme, que je n’ai pu obtenir que vers le second semestre. Et ce n’est que vers le mois d’avril, que je reçois une lettre du ministère m’informant, qu’après 8 mois de loyaux services, ils ne me considéraient pas comme contractuelle mais comme vacataire, pour ceux qui ne connaissent pas les salaires, celui d’un assistant contractuel est de 1100 dinars et celui d’un vacataire est de 100 dinars par mois. Brabbi dans quel autre pay
s de droits a-t-on vu des gens qui bossent sans que le contrat soit signé entre les deux parties ? Dans quel pays de droit, on accepte d’embaucher des gens tout en sachant que le dossier est incomplet ? Dans quel pays de droit la loi est-elle rétroactive ? Si les gens faisaient leurs boulots du rectorat au ministère, tout aurait été clair dès le mois de septembre. Au lieu de quoi, on fait bosser les gens, on étudie le contrat après, on traîne, on traîne… et après on entube les gens ?! Non mais ya écrit sur mon front pigeon ou quoi ?! ( oui alouette pardon) nestehel emrawha endeldel fi kararzi el tounes !!!
Bien entendu je compte porter plainte pour que la précarité des contractuels cesse et que l’entubage du service public cesse aussi.
Deuxième entubage magistral encore celui là, et là tout le monde s’accordera pour dire, que de mémoire de concours, jamais celui du service public n’a été plus flou !! Elli 3andou piston, idhari 3achra.
Donc com remza ou me nefhemech mel marra loula, j’ai décidé de passer le concours d’assistanat parce que j’en avais marre de la précarité. Plein de postes à Tunis, et je me suis dit ya sa3di ya hanaya, je ferai partie des élus. Mais comme vous le savez, dans ces concours, beaucoup d’appelés mais très peu de pistonnés, oups !!!! d’élus je voulais dire. Je passe donc le concours, le jury ravi, je sors, le cœur joyeux et la jambe légère… je suis classée parmi les 3 premiers, ça tombe bien il y a 3 postes à Tunis et je suis pressentie pour l’un d’eux qui correspond à mon profil ; donc je ferai forcément parti des élus ! Ou ana mani emneyka, vous en conviendrez, je ne veux pas appeler qui que ce soit que je connais pour me pistonner. Je me dis pourquoi faire, je fais partie des trois premiers. Dowiwwwwwwwwww !! Le droit marche au lieu des pistons ???!!!! Question sophistique, dont vous trouverez la réponse dans tous les coins de rues en scrutant les chômeurs des cafés tunisiens. Ah si j’étais un homme, comme je me gratterais les couilles fièrement ( seul attribut de ma virilité mise à mal par mon statut de chômeur surdiplômé permanent) en buvant capucin sur la terrasse d’un café pourri de sidi hssine el sijoumi. Mais je suis une meuf, de bonne famille de surcroit donc ya enched el dar, nelka weld halel ou en3aress, ya enched el dar, ou endawarha melewi ou khobz 3arbi bech ensawer el khobza.
Et bien comme vous vous en doutez car vous êtes bien plus malins que moi et moi j’ai que ma grande gueule pour l’ouvrir, je me suis fait entuber, tehcheli bel 3arbi !! c'est la faute à pas de chance!! Et au lieu de Tunis, je me suis retrouvée dans un coin paumé de la Tunisie va savoir pourquoi, va savoir ce qui se passe lors des affectations. Le flou total. Et le poste de Tunis ? Une personne parachutée et bien pistonnée… je ne suis pas contre le fait de bosser dans un coin paumé, mais là mon droit a été bafoué et c’est ça qui m’enrage.
A deux reprises, je me retrouve face à un système voyou qui se devrait d’être protecteur et qui ne fait que profiter de ses recrues. Le Ministère de l’Enseignement Supérieur, institution publique, qui se doit de respecter les lois ne fait que profiter des enseignants en se donnant le droit de signer les contrats quand bon lui semble et de les annuler si bon lui semble. On se donne le droit de mettre, à des postes convoités, des gens qui n’ont d’autres compétences que l’appui dodu de leurs pistons. A la tunisienne, système pourri jusqu’à la moelle qui ne fait présente aux jeunes, qu'un miroir aux alouettes.
Monsieur le Ministre de l’En
seignement Supérieur, nous demandons de votre grâce plus de clarté dans toutes les démarches entreprises par les autorités, de la signature du contrat, en passant par le concours, jusqu’à l’affectation. Car nul ne sait jamais ce qui se trame derrière nos dos et les rumeurs vraies ou infondées vont toujours bon train ! Nous sommes dans un état de droit selon la constitution et le mien a été bafoué, citoyenne lambda qui n’avait que ses neurones et l’envie de servir son pays. Le seul truc qui me motive aujourd’hui c’est les pauvres étudiants qui n’ont rien demandé eux et qui dans quelques années se retrouveront dans la même situation que moi. Mais moi je ne crois plus en mon pays et je n’ai qu’un seul souhait partir, là où je serai reconnue à ma juste valeur. C’est bien beau de critiquer la fuite des cerveaux, mais les "sert-veaux" quand ils reviennent, on les plume, Monsieur, on les entube, sauf votre respect.