Si l'on pouvait résumer le sentiment éprouvé lors de la projection du film "Il était une fois l'aube" de Dali Nahdi, présenté en avant première le 15 octobre à l'Africart, ce serait celui de gâchis. Je ne parle pas de la jeunesse dorée de notre chère Tunisie que le réalisateur a voulu présenter sans concessions, et ce, à force vulgarité. Ce n'est pas la vulgarité qui me choque, loin s'en faut, puisque cela est devenue monnaie courante et je pars du principe qu'il faut appeler un chat un chat. En ce sens, le film rend bien compte du langage du tunisien aujourd'hui. Le gâchis vient du sentiment d'avoir assisté à un spot de sensibilisation contre le danger de l'alcool et la drogue au volant. En résumé, un film qui ne s'affranchit pas des clichés de l'alcool, sexe and drogue. Un film qui ne va pas au delà d'une caricature sociale, non pas peinture parce que cela demande une certaine esthétique, une caricature dans le "grossissement grossier" des traits; une caricature malvenue parce qu'éculée. Pas de surprises dans "il était une fois l'aube" tout juste une émotion éprouvée devant la spectacularité de l'accident de ces jeunes, et non provoquée par le film. On connaît déjà la fin en ayant vu le début: le fils pourri de fric, le complexe d'oedipe, les tensions maternelles, les belles nanas, la cocaïne; les pistons, etc tous les ingrédients qui nous servent des clichés jusqu'à la moelle. Je n'ai trouvé aucune originalité:
les mômes qui se shootent à la cocaïne? on le sait
la mère qui prend des amants parce que délaissée par son ex mari? on connaît
les privilèges des fils de? déjà vu ...
l'accident final ? soit j'ai des dons de prophéties soit c'était tellement gros que tout le monde s'y attendait.
je ne vais pas passer en revue les clichés, il y en a à la pelle.
Et l'apothéose du cliché de l'enfant en mal de siècle, en mal d'amour, c'est la mort, depuis toujours. La mort répond à un défaut d'amour. La sempiternelle valse d'éros et thanatos. L'idée en soi n'est pas audacieuse, le traitement technique non plus, le scénario sans grand intérêt. un film vide. Monsieur Dali Nahdi, j'attends d'un film qu'il me secoue en bien ou en mal, le vôtre ne m'a pas marqué, j'ai juste eu l'impression d'avoir perdu mon temps.
De grâce affranchissez-vous des stéréotypes!