Moi, Sheherazade, fille de la grande prostituée…



Moi je l’avoue, je suis une pétasse, ça fait longtemps que je le suis, depuis mon adolescence je crois, Mais je ne l’ai jamais reconnu et je n’ai jamais voulu que ça se sache je crois même que je l’ignorais à l’époque. Mais une pétasse, tu la sens à des kilomètres. A 11 ans les mecs me draguaient déjà. Je me rappelle même qu’un jeune homme devant l’école m’avait caressé les cheveux que j’avais pris soin de détacher dès que je suis sortie de notre maison. En effet, ma mère tous les matins me faisait une très belle tresse et dès que je tournais le coin de la rue je défaisais les élastiques qui entravaient ma liberté. Je crois que j’étais une salope depuis l’âge de 6ans, au plus lointain des mes souvenirs, j’ai toujours été amoureuse de quelqu’un, ça a commencé avec mes cousins, c’était aussi des copains de classe à qui j’envoyais des lettres enflammées, ou encore des personnages de dessin animés dont j’étais follement éprise et dont je rêvais même le soir.

Mon véritable amour de jeunesse, ce n’était pas zied, qui m’a donné son mouchoir une fois que je pleurais à l’époque, non car zied était amoureux de moi et moi j’étais amoureuse de Bassem son meilleur ami .Mon véritable amour de jeunesse c’était capitaine Albator, le corsaire de l’espace, un personnage de Manga japonais.

Depuis le temps que je me fais des films, j’ai appris à être à la fois la sainte nitouche et la putain qui plait aux hommes… Je ne recule devant rien, ni jeune ni vieux, ni célibataire ni marié.. je vénère tout ce qui est doté de virils attributs… rien n’est plus vrai que le désir.

Mon innocence bien réelle au départ est réellement maîtrisée, aujourd’hui que je suis une salope en titre( comprenez, qui est consciente de son potentiel de pétasse). A votre avis pourquoi Sheherazade a tenu par les couilles Shahrayar 1000et une nuits ? Vous croyez que si elle avait été une vierge innocente comme ses malheureuses devancières elle aurait survécu ? Que neni… Pour survivre dans la jungle il faut à la fois être pute et soumise, et c’est ce que je suis. Loin de moi l’idée d’un féminisme enragée où la femme serait l’égale de l’homme, non… moi j’aime les hommes qui me dominent…plus un homme est fort, plus j’ai envie d’être sa chienne et plus il est fort, plus il me donne envie d’élaborer une stratégie pour l’avoir à mes pieds… Je suis à moitié folle, pas besoin de me comprendre, moi-même je ne me comprends pas j’agis… La première chose que je fais, c’est que je l’appâte… je mets en avant tous mes atouts, vulgairement parlant, quand je discute avec lui, eno7tlou bezezli 3al comptoir, je l’aguiche. Là il a envie de me niquer. S’il est trop entreprenant, je lui fais comprendre qu’il a dû, mal comprendre, et que c’est un obsédé. En un mot je suis une allumeuse. Puis quand je le revois, là je joue à la prude, à la fille fragile et niaise…et là il a envie de me protéger, en plus de vouloir me niquer( résidu de la veille). Bien entendu, la première règle est de le laisser croire que c’est lui qui mène la situation. Quand Shehérazade a élaboré sa stratégie, c’est à sa sœur qu’elle a délégué le rôle de demander la permission à Shehrayar de raconter une histoire, et à lui la permission de la continuer. Rusée elle a compris qu’il fallait utiliser les propres armes de l’ennemi pour le neutraliser. Une fois qu’il a mordu à l’hameçon, bent omha doit savoir le faire attendre sans le faire languir, autrement dit, l’occuper… ma mère m’a toujours appris dhawe9 ou chawe9… La relation amoureuse à son début, n’est qu’un petit jeu de pouvoirs il faut en effet l’attirer dans son piège et attendre, que le piège se referme lentement sur lui…

L’homme ose, la femme dispose… il semblerait sans doute choquant qu’une femme d’aujourd’hui se déclarant libre, limite sa liberté aux desideratas de l’homme. La femme n’est pas égale à l’homme elle est différente et je pense réellement qu’il n’y a rien de mieux que d’écouter son instinct primitif pour être en accord avec soi-même. Je pense qu’un homme est un chasseur dans l’âme ( je dis rien de nouveau en même temps, disons je partage l’avis de ceux qui pensent que), un mâle qui chasse est dans la représentation. La femme, veut arriver aussi bien que l’homme à l’accouplement, c'est-à-dire elle veut baiser, mais ne doit pas se laisser faire pour augmenter l’appétit de l’homme et que l’accouplement soit alors plus intense. Plus tu te refuses, plus il a envie de te baiser, et plus il a envie de te baiser, plus l’accomplissement sera explosif étant donné la frustration vécue pendant tout le temps. En fait c’est lorsque tu le fais attendre qu’il faut être sainte nitouche, parce qu’au moment où les deux corps se rapprochent, quand tu as le feu au cul, ben vaut mieux laisser faire l’incendie…

Putain ce qu’elle raconte comme histoires la Sheherazade, savoir ajourner le désir est tout un art que bien peu ont la chance de maîtriser. Il y a du beau dans l’accomplissement immédiat du désir, il y a du sublime à le retarder jusqu’au vertige. Je discutais avec un ami à ce sujet, et la discussion nous amena sur les sentiers dangereux du désir. Animée par la même envie, il m’inspira le plaidoyer que voici: « si l'on pense que l'on fait l'amour en tant que besoin comme on irait manger ou par divertissement comme on irait prendre un verre c’est qu’on a rien compris à l'amour. L'acte se résume pour ceux là au minium syndical. il y a des gourmets de l'amour comme des gourmets de la table comme des dégustateurs de vin. C'est un art ». En effet l’amour est un art d’une sensualité telle que très peu, entraînés par leurs soucis égalitaires, prennent la peine de savourer et si les mille et une nuit ont fait autant fantasmer, c’est qu’une relation passionnelle ne peut prétendre aujourd’hui durer autant…

Pour revenir à Sheherazade, à part la stratégie amoureuse, je n’ai pas avec elle beaucoup d’affinités, parce que ana kebi7a, ou lesseni dayer ebra9bti…. Le ri9 de la ruse pour obtenir ce que je veux, c’est pas trop mon dada. En tant que salope qui n’aime que la baise, c’est vrai que j’utilise cette stratégie, mais comme tout le reste n’est que futilités pour moi, ben j’y vais pas par quatre chemins.

Moi je suis une fille de la ville,à qui il n’arrive que des merdes, parce qu’elle prend le temps de s’yn intéresser aux merdes, un peu comme une héroïne de sex and the city ; l’anglais et le fric en moins, mais j’y pense, une fille de la ville…une fille de la ville ça représente bent quarti dans mon esprit… parce que la plus grande des prostitués c’est le ville, c’est Babylone. Et merde je suis prise d’une délire mystique…surtout que je suis à Paris, ma Babylone, la ville où j’ai appris tous les vices…

« Viens, je te montrerai le jugement de la grande prostituée qui est assise sur les grandes eaux. C'est avec elle que les rois de la terre se sont livrés à l'impudicité, et c'est du vin de son impudicité que les habitants de la terre se sont enivrés. Il me transporta en esprit dans un désert. Et je vis une femme assise sur une bête écarlate, pleine de noms de blasphème, ayant sept têtes et dix cornes. Cette femme était vêtue de pourpre et d'écarlate, et parée d'or, de pierres précieuses et de perles. Elle tenait dans sa main une coupe d'or, remplie d'abominations et des impuretés de sa prostitution. Sur son front était écrit un nom, un mystère: Babylone la grande, la mère des impudiques et des abominations de la terre » ( Apocalypse 17, 1-8)

Mais ça me rappelle encore une fois Shéhérazade, son nom signifie "fille de la ville" en persan*, vlà encore un point commun… putain elle m’obsède cette nana…malla bent 9a7ba…

ps: (*Une charmante jeune fille m'explique que shehr signifie ville et zad: libre, shehrazade signifierait donc ville libre alors que plusieurs sites l'expliquent par chehr: ville et zad: fille)

1 commentaires:

Anonyme a dit…

J adore bravo vraiment bravo :)