
Et voilà encore un , fais chier à la fin…lui, c'est le bogosse de la soirée... moi c'est la copine qui traîne à toutes les soirées.
Depuis le début de la soirée, j’échange avec lui des regards langoureux…. Il me sourit, je lui souris… il s’approche, je m’approche… je me penche de tous mes seins…putain le bogosse. Je regarde discrètement le bout de poil rebelle qui éclot de mon collant. Et ben oui, pour éviter de passer à la casserole dès le premier soir, je m’épile jamais avant le troisième rendez-vous. Ça marche à tous les coups. C’est bien pour mon image de marque….le mec il croit tout le temps que je suis pas une fille facile et puis de mon côté je mets toutes les chances de mon côté pour qu’il le croit. D’ailleurs je crois que je suis pire qu’un mec, mais version fille. En fait dès que je chope un copulateur potentiel, il y a un tout un film qui se fait dans ma tête : comment passer du copulateur au géniteur et pour ce faire j’imagine 5 étapes :
5.L’imaginer poussant une poussette sur les berges du Lac, un pull autour des épaules
4.L’imaginer en costume noir et moi en robe blanche à Baladiyet el Marsa
3.Imaginer si je peux le présenter à mes parents
2.Imaginer si je peux le présenter à mes amis
1.Imaginer ma gueule le matin après une nuit torride
Bien entendu c’est de la cinquième étape que découlent les précédentes. Ça en a pas l’air, mais nous les filles, quand Dieu nous a flanqué une paire d’ovaires, c’est pas pour rien. Il s’avait très bien que dès notre enfance nous échoit la mission divine de sauvegarder l’espèce humaine. Et pour ce faire, il nous a doté de gros obus, armes de séductions massives et beaucoup de ruse. Sans nous et nos mille intrigues c’est clair que le genre humain aurait disparu. Donc moi quand je vois un mec et qu’il y a de la drague dans l’air, c’est moins pour baiser que je me laisse approcher, que pour mettre en exécution ce pourquoi Dieu m’a envoyée. Contrairement au mec, coucher n’est pas un but en soi pour la femme, mais un moyen de sauver le monde… rien que ça !
Pour revenir à ma stratégie de séduction, donc non seulement je ne m’épile jamais avant mais en plus je rajoute ma gaine beige, version panty de grand-mère , histoire d’avoir une silhouette élancée et une taille de guêpe. Il faut croire que je me maîtrise si peu, que je suis obligée de mettre toutes les chances de mon côté pour qu’il ne plonge pas son regard au-delà de mon décolleté. Tous les moyens sont bons : à la guerre comme à la guerre….
Je souris de toutes mes dents et je lui lance mon regard catwoman… enfin il faut non seulement paraître belle mais aussi intelligente. Bon je vais ni parler de Deleuze ni de Kandinsky…on sait jamais faut pas le bloquer ni paraître trop intello. Allez je me lance sur le domaine politique, heureusement qu’il y a eu la révolution sinon on aurait été obligés de parler du beau temps et du prochain voyage en Italie. C’est sûr que la politique ça fait plus sérieux et comme tout le monde comprend, et que tout le monde dit la même chose… ça fait tout de suite fille engagée, mais pas chiante.
Je ne manque pas de parler de mes parents et de ma famille, pour faire genre bent 3ayla… ou manich 9at3at hebel jeyebha wed…. Le mec en face approuve, il sourit, me fait rire… il croit sans doute, que « femme qui rit à moitié dans ton lit »…. Je le laisse croire que femme qui rit à moitié dans son lit et je ris sous ma cape…de catwoman. Je sais je suis une allumeuse mais j’oublie jamais la mission qui m’a été confiée depuis mon enfance et depuis qu’on m’a mis une poupée et mon petit frère entre les bras, pour susciter ma vocation.
Bon, le mec est vachement intéressé et intéressant …yes bingo…je suis tombée sur le super bogosse de la soirée…. Ellila 3id ellila 3id…putain la chance… enfin la chance la chance, c’est aller trop vite en besogne. Car comment se fait-il que passé la trentaine, le type, bogosse, galant, cultivé, etc. ne soit pas accompagné d’une pétasse ( vous savez la 3efcha qui accompagne toujours le bogosse de la soirée et tu comprends que sans el jewi et el boukhour, elle n’y serait jamais arrivée). C’est alors que me souvenant de mon légendaire sa3di erra9ed, je scrute son téléphone et je tombe sur la photo qui tue et m’achève définitivement : la fameuse photo du bébé de moins de 5 ans… et merde une autre a déjà fait le boulot pour sauver l’humanité de l’extinction à ma place.
OUh ya zebbi… kel 3ada… de tous les célibataires de la soirée, il a fallu que je tombe sur le mec marié… d’ailleurs c’est systématique, le mec marié tu le reconnais à sa manière d’être trop galant, trop entreprenant… à sa manière d’en faire tellement en une soirée que t’as l’impression que c’est le mec idéal…parce que le célibataire bogosse, il n’en a rien à foutre de ta poire, c’est toi qui dois lui courir après.
Pour regagner en respectabilité, je fais une petite allusion au métier d’enseignante, ça fait sérieux ça. Il me lance alors « tu sais que depuis que je suis écolier j’ai toujours été amoureux de mes maîtresses …. »
Je remballe discrètement mais dignement mes seins…" Je ne fais pas de cours de langues vivantes en extra..." Et je me rabats sur mon gin tonic…je demande à ma copine " le petit moche à côté il est au moins célibataire?" C’est sûr que c’est pas demain la veille que je vais m’épiler.
excellente, comme tjrs d'ailleurs ;)