Polémique blogueurs/ admins...valeurs communes?


Suite à l’incident provoqué par certains admins de page facebook au palais présidentiel le 13 mars, il était devenu nécessaire pour les blogueurs de rappeler quelle différence il existait entre un admin, un cyberdissident et enfin un blogueur et que ce dernier ne compte pas sa popularité en nombre de fans mais en nombre d’entrée sur son blog et en nombre de partage de ses articles.

Pour résumer en quelques lignes le face à face s’est déroulé entre Slim Ayedi, venu en tant qu’expert, Sofiène Chourabi, militant, blogueur, cyberactiviste et journaliste, Sofiène bel Haj, militant et cyberdissident, arrêté pour les actions qu’il a mené sous Ben Ali, mais qui a toujours préféré rester anonyme sous le pseudo Hamadi Kaloutcha et mener ses combats discrètement, et deux admins de pages FB, qui ont beaucoup contribué au relais de l’information surtout après le départ de Ben Ali le 14 janvier jusqu’au départ de Ghanouchi à Kasba 1. Leur capacité à mobiliser lors de Kasba 1 n’est plus à prouver.

Maintenant, tous ces internautes ont participé de près ou de loin à la révolution et ont eu pour but la chute de la dictature et du système Ben Ali. Mais là où le bât blesse, c’est que certaines pages au lieu de poursuivre la noble cause qu’elles ont servie pour la révolution ont commencé des campagnes de diffamation et de dénigrement à l’encontre des personnes qu’elles considéraient comme des adversaires. Au lieu de critiquer sur le fond les divergences, elles ont pris le soin de publier des photos personnelles, de proférer des insultes et de faire des appels à la haine et au meurtre. A partir de là, un seuil était franchi, comme l’a rappelé Sofiène Chourabi hier. Bien entendu, toutes les pages ne sont pas concernées. (Partant de mon expérience personnelle, j’avoue par exemple que la page koora, avec qui j’ai eu l’incident au palais, n’a publié aucune photo de moi pour m’insulter, mais uniquement des captures de mon blog et de ma page fb, rien de bien méchant et c’est de bonne guerre disons. Mais ce sont les fans, qui par exemple étaient les plus insultants et les plus violents. Un peu plus de modération n’aurait pas été de refus ).

Sofiène Chourabi rappelle ainsi que certaines pages se livrent à de virulentes campagnes envers des personnes comme le faisait le RCD sous Ben Ali, il nous montre des captures d’écran prouvant ses propos. L’un des admins lui rappelle que lui-même sur son statut avait été violent à leur encontre. Mais je pense qu’il y a une différence entre un statut personnel qui n’engage que l’avis de son auteur et un appel lancé à des fans pour les mobiliser contre quelqu’un, même si encore une fois un peu d’éthique des deux côtés ne ferait de mal à personne ( et là je parle entre autre pour moi qui ne suis pas un ange non plus).

Alors que Sofiene parlait encore de la nécessité de respecter l’éthique, une page fb fidèle à ses traditions se chargera de mener une campagne de dénigrement envers lui, ce qui prouve encore une fois que le chemin est long avant qu’il y ait le respect dont tous parlent sur le plateau.


La question de la désinformation s’est elle aussi posé, quand un des admins, sans avoir vérifié ses informations accusent la télé de ne pas avoir discuté avec les sittineurs qui appellent à purifier les médias, et de ne les pas avoir invité. L’animateur lui demande alors de prendre la peine de vérifier les infos avant de les balancer vu qu’une émission a été faite à ce sujet et que la désinformation qu’il opère nuit beaucoup à leurs images d’admin. Elle s’est encore une fois posée, quand l’admin ne connaissant pas ce qui s’est réellement passé avec le groupe Takriz accuse les médias de les avoir boycotté alors que l’animateur Elyes Gharbi par égard pour certains tunisiens à une heure de grande écoute avait préféré demander aux intervenants de ne pas utiliser ce nom « Takriz » mais plutôt parti pirate, chose qu’ils ont refusée et ils ont choisi de ne pas intervenir. Sofiène Bel Haj qui était là rappelle les dessous de cette histoire et la nécessité de vérifier toujours les sources. La question du rapport entre liberté d’expression et responsabilité quand un des admins a annoncé que du moment où il avait la parole, il pouvait se permettre de tout dire et que ceci s’inscrivait dans le cadre de la liberté d’expression. L’animateur et Sofiene bel Haj rappellent qu’il faut être responsable de ses propos et savoir se mettre des limites quand il s’agit de ne pas blesser les gens, et là le cas « Tazriz » s’est posé.

La troisième fois, c’est quand les admins accusent les blogueurs présents sans aucune preuve, d’être à la solde des américains, et des ambassades étrangères. Les blogueurs leur demande qu’elles sont leurs preuves , ils n’en ont pas. Ceux-ci rappellent alors la nécessité d’avoir une certaine déontologie et un certain respect envers les autres avant de divulguer de fausses infos.

Enfin Sofiène bel Haj rappelle que si l’on veut une carte presse, il faut d’abord respecter l’endroit où l’on se trouve et non pas se comporter comme certains admins l’ont fait au palais de carthage en interrompant les intervenants et les empêchant de parler. Sofiène dit en effet qu’en voyant la pagaille qui a été mise au palais de Carthage aucun organisateur ne s’aviserait plus à les inviter, et que ce n’est pas dans la tradition démocratique que d’empêcher quelqu’un de parler en usant de la force. L’un des admins nie en bloc. Les vidéos elles, courent toujours.

Pour résumer, cette confrontation a eu ceci de positif qu’elle a permis à chacun de s’exprimer librement mais surtout elle a rappelé la nécessité aussi bien pour les admins que pour les blogueurs et cyberdissidents de se respecter et de respecter la vie privée des gens. Les admins ont rappelé leur rattachement aux mêmes valeurs que les blogueurs.

Une charte signée par tous serait vraiment la bienvenue.