Salafistes versus falses artistes


Quand je vois certaines oeuvres d'arts, j'ai l'impression que c'est comme les statuts facebook, tu peux mettre n'importe quelle merde, les gens aiment. allez hop, ce matin j'ai fait caca...combien de j'aime? j'expose mon pot de chambre? combien vont dire : « alors ça, ça symbolise le passage du temps, la finitude »... ou pourquoi pas...la révolution ou encore les salafistes... les salafistes et l'art ça c'est très à la mode à défaut de les voir partout on les imagine dans n'importe quel symbole. Cependant la polémique suscitée par les œuvres du printemps des arts à la Abdellya, qui ne volent pas plus haut pour certaines que mes statuts scatologiques, me laisse encore une fois pantoise. Aucune imagination, c'est gros, c'est cru, c'est laid, aucune subtilité dans l'installation des femmes niqabées ou dans le tableau représentant le salafiste. Un enfant aurait été capable de plus d'imagination c'est d'une naïveté comme on en fait plus.
 La défense de la liberté d'expression, principe fondamental nous en fait voir des vertes et des pas mûres. Ce que je condamne fermement, en plus du mauvais goût (ceci reste une appréciation subjective), c'est la violence qui ne peut en aucun cas être légitimée.
Voilà que maintenant ce n’est plus seulement Dieu ou le prophète qu’il est interdit de représenter au risque de provoquer une guerre civile, même une malheureuse petite barbe, un nikab ou femme aux seins nus risque de mettre le pays à feu et à sang ? non mais je rêve où vas-t-on ?
Passé le premier moment d’émoi, je me suis posée la question qu’est ce qui aurait pu les choquer dans ces œuvres d’art qui bien loin d’attaquer la religion, ne font que dénoncer l’islamisme ?
C’est peut être le fait qu’ils se sont enfin vu tels que nous les voyons et non tels qu’ils pensent être. (toujours l'histoire de l'objet regardé et du sujet regardant qui est le propre même de la production artistique.) Mais ceci serait leur accorder des sentiments trop honnêtes, car non contents de vouloir exercer leur répression, et n’ayant rien trouvé à se mettre sous la dent pour mettre le pays à feu et à sang, à un moment ou AL Dhawahri accuse le gouvernement de laxisme religieux, ils se paient le luxe d’inventer des tableaux qui n’étaient même pas exposés à savoir la miniature persane représentant le prophète. Nos ministres dont le niveau d’admins de pages FB n’est plus à prouver se mettent à enfler la polémique en s’insurgeant contre ce qu’ils appellent atteinte au sacré. C’est ce qu’on appelle mettre de l’huile sur le feu au lieu d’apaiser les tensions. Par ces basses manœuvres, le gouvernement serait-il en train de redorer son blason auprès des salafistes pour se montrer les garants des bonnes mœurs après les accusations sans détour et l’ingérence dans nos affaires internes d’un terroriste égyptien ? Beaucoup semblent oublier qu’à trop vouloir ménager la chèvre et le chou, on finit par perdre les deux. Ce gouvernement en perte de vitesse dans les sondages ne sait plus à quel saint se vouer... ou peut être bien à Saint Rached Ghanouchi, radhya allahou 3anhou.