Confidence d'une pute repentie


 Certains flics le savent, il y a des femmes qui sentent la baise, surtout celles qui traînent après minuit dans les bagnoles de leurs fiancés d’un soir ou de toujours peu importe. Et puis quand il y en a pour un, il y en a pour trois…Une pute, ça se partage d’ailleurs elles aiment ça, le partage, les putes, c’est les communistes de l’amour…même leur cul, il appartient à l’Etat, il peut en faire ce qu’il veut. C’est un devoir que d’assouvir ces chiennes en chaleur, sinon pourquoi elles sortiraient de chez elles après minuit…les violer ça fait partie du service public. Les autres, les filles de bonne famille, qui aiment être traitées avec doigté, elles peuvent se servir seules.
"Il fut un temps, où la jambe légère et le cœur battant, je ne sortais pas avant minuit de chez moi… j’écumais les bars… la culotte dans le sac, ne sachant jamais où pouvait mener les rencontres d’une nuit. Je n’étais pas encore une pute, juste une femme libre, qui aimait faire la salope, plus par vice que par nécessité. Je trouvais dans la soumission quelque chose de si excitant que seuls les hommes en uniforme étaient en mesure d’assouvir mes fantasmes inavoués. Tous leurs engins de forme oblongue étaient une incitation à la débauche… serait-ce immoral d’aimer qu’on me matraque ? Les hommes de pouvoir aussi m'attiraient. moi avec DSK, j'aurais pas vraiment fait la difficile. J'aime qu'on me domine."

 Donne-moi tes baisers amers comme des larmes,
Le soir, quand les oiseaux s'attardent dans leurs vols.
Nos longs accouplements sans amour ont les charmes
Des rapines, l'attrait farouche des viols.

 Cette image est si conforme à l’idée que l’on se fait de la salope qu’il ne viendrait jamais à l’idée d’aucune personne que cette fille qui ose s’aventurer aux alentours de minuit dans une ville qui sent plus la merde que le jasmin, jouit tout simplement de cette liberté première qui est celle de vivre. Ceci est le quotidien ordinaire d'une tunisienne ordinaire. On accuse de décadence et on occulte l'immoral légalisé par l'Etat.
Cette virilité, dopée au viagra, légitimée par les institutions de l’Etat, appuyée par les matraques, ne fera jamais de vous des hommes…
Traiter cette flicaille et ce gouvernement de fils de putes serait une insulte pour ces putes auxquelles nous somme toutes assimilées, un jour ou l’autre de notre vie…pour peu qu’on ose revendiquer le droit fondamental d’être à l’existence…Aujourd'hui ce n'est pas seulement une tunisienne qui a été violée, la Tunisie entière a été souillée. Circulez, il n'y a rien à voir; ici on viole...

3 commentaires:

Imed Zouari a dit…

comme d'habitude, un texte décalé, allant du second au premier degrés... une plume qui lancine cette actualité pour lancer un débat qui défraie la chronique et déflore le tabou...
j'aime bien la manière de traiter le sujet qui dévoile en toi la pensée profonde, et me sens frustré de savoir que peut-être peu de gens y verraient clair dans l'amertume instillée au sein des mots si légers en apparence. de toutes les façons, te lire reste un grand plaisir :)

jolanare a dit…

Bien vu Imed, le second degré est la politesse du désespoir

Squizocube a dit…

Le porte-parole du ministère de l'intérieur, Khaled Tarrouche, avait déclaré que le couple avait été retrouvé par les policiers dans une "position immorale" .
Peut on poursuivre un ministre pour "apologie de crime" ?