
Au cas où quelqu’un aurait des doutes sur les nouvelles orientations idéologiques de l’enseignement tunisien, je peux vous dire qu’aucun doute n’est permis ! En effet la réhabilitation de l’enseignement zeitounien a la part belle si on regarde la liste des admis au concours de maître-assistant (1)( 2):
Sur 3 postes demandés en Science du Coran et de l’exégèse, 3 ont été pourvus…
Sur 5 postes demandés en Sciences du Hadith 1 a été pourvu
Sur 4 postes demandés en Fikh 4 ont été pourvus
Sur 4 postes en Théologie, 4 ont été pourvus
Autrement dit sur 16 postes 12 ont été pourvus, soit 75% des effectifs.
Sur 33 postes en lettres arabes seuls 16 ont été pourvus.
Sur 72 postes en lettres françaises seuls 13 ont été pourvus
Sur 85 postes en lettres anglaises seuls 11 ont été pourvus
A quoi leur sert-il dès lors d'envoyer autant d'enseignants?
Pour résumer:
Pour résumer:
- 75% des effectifs pourvus à la Zitouna là où d'autres instituts n'obtiennent que 15%. Cet établissement cumule à lui seul le nombre d'effectifs de toute la Tunisie dans d'autres disciplines, ce qui implique la mise en place d'un budget important pour la théologie alors que les étudiants sont très peu nombreux. ( Un maître assistant coûte 1500 D en moyenne, alors qu'un assistant coûterait 1200D). les deniers publics sont donc dépensés au profits des orientations idéologiques du ministre nahdhaoui Moncef Ben Salem.
Rappelons d'ailleurs, que M. Ben Salem a autorisé les étudiantes en niqab à assister aux cours, faisant fi de tous les impératifs pédagogiques et sécuritaires. A quand les étudiantes en bikini et les étudiants en short? il s'agit aussi de liberté personnelle...
L’islamisation progressive de la Tunisie et les dérives extrémistes dont nous sommes victimes orienteraient-elles un tel choix ? Quel crédit accorder à un gouvernement qui clame tout haut la modération et qui n’hésite pas un instant à haranguer les hordes de salafistes à la moindre contrariété ? La part belle donnée à cette discipline laisserait-elle présager un meilleur encadrement des pratiques religieuses tunisiennes ou n’est-elle pas la porte ouverte vers une radicalisation des mouvements théocratiques par la voie de la légitimisation?
En l'absence d'un contre-pouvoir solide, comment contrôler les décisions ministérielles, plus partisanes que nationales?

Et pendant ce temps là, ceux qu'on a poussés vers des études longues ( master + Thèse) se retrouvent sur le carreau pour laisser de la place à nos nouveaux maitres à penser. Et au mieux, bosseront avec des contrats précaires dans des facs privées à 14Dt/h.
Merci Ben Ali, merci Moncef Ben Salem