
Pour une fois, je vais être polie, car l'heure est grave et une fois n'est pas coutume...
Ce qui s'est passé aujourd'hui au Ministère de l'Enseignement supérieur, témoigne de la dangerosité d'accorder des ministères clés pour l'avenir du pays à des incompétents. Moncef Ben Salem, a brillé par le passé par son inculture magistrale ( ou acculture?) concernant el dou3aji en affirmant qu'il est à la solde de Ben Ali. Il a brillé par le passé récent par son incompétence scientifique, n'ayant à son actif que quelques misérables articles, que même un assistant nouvellement recruté aurait été capable de présenter. Il brille aujourd'hui par son incompétence magistrale à gérer un dossier somme toute crucial, pour l'orientation à venir de l'Université tunisienne.
On ne cherche pas les compétences dans ce gouvernement, ça se saurait si l'intérêt du pays était leurs priorités. Le seul intérêt qui prime c'est bien entendu celui contenter les ambitions politiques de chacun et d'appliquer une idéologie rétrograde importée des pays du Moyen Orient, cette idéologie qui non seulement dérange le tunisien dans sa douceur de vivre, mais ébranle les traditions d'ouverture et de modernité ancrées depuis toujours dans ses moeurs .
Aujourd'hui il s'est passé une scène que je ne qualifierais pas de surréaliste, étant donné que l'on a un Ministre de l'intérieur nahdhaoui et un ministre de l'enseignement supérieur du même bord. Ces deux là doivent s'entendre comme bon larrons en foire, et ce que ces larrons sont en train de voler c'est bien entendu la liberté des tunisiens, step by step...
Depuis un mois déjà, la faculté des lettres de la Manouba a été assiégée par une bande de salafistes, qui tentent par la force d'imposer leur loi.Je rappelle que pour des soucis de sécurité, de partialité, et de pédagogie, il est hors de propos d'accepter un étudiant ( fille ou garçon) ayant le visage couvert, ceci sans entrer dans aucune considération religieuse ou idéologique; la liberté de chacun commence là où commence celle des autres, et le vivre ensemble impose certaines règles que chacun doit respecter ou se doit de rester chez soi.
Prise en otage, la faculté des lettres après l"échec des négociations s'est vu obligée de fermer ses portes. Je rappelle que le nombre de personnes portant le niqab dans cette faculté s'élève à une ou deux personnes, qui se permettent, par la violence verbale et physique d'empêcher la tenue des examens. La technique continuelle d'intimidation, et le silence bavard des autorités concernées eut pour conséquence l"appel à une intervention des forces de l'ordre et à une prise de position claire de M. Moncef Ben Salem. Si le Ministère de l'intérieur a fait la sourde oreille ( sans doute parce que les fils de M. le Ministre participent au sit in, et Monsieur ne veut sans doute pas faire voir à ses fistons le goût du lacrymogène de Papa, car le lacrymo, on réserve ça au peuple; pas aux fils de...) Le Ministre de l'Enseignement Supérieur a affirmé selon certaines sources, être contre le niqab, mais a refusé de le signifier publiquement par conférence de presse ou en signant un papier.
Il ne restait plus aux enseignants qu'à aller manifester devant le MES, où après avoir rencontré un haut responsable qui les a exhorté à continuer le dialogue avec les salafistes, ont été reçu par les bras armés des BOP. pendant ce temps là le ministre, jouissant d'une double casquette ( député à l'AC) n'a pas fait l'effort de rester sur place pour occuper les fonctions qui lui incombent.
Ce revirement de situation, où ce sont les enseignants venus manifester pacifiquement pour la reprise des cours, qui sont tabassés, alors qu'une horde de voyous se réclamant de l'Islam occupent l'enceinte de l'Université en organisant des parties de foot... ce carnaval digne d'une mauvaise comédie italienne est bien une réalité....
L'indignation, je n'ai même pas besoin de la crier, tout le monde la partage, étudiants, parents d"élèves, enseignants. Le gouvernement croit peut être que les parents des étudiants qui souffrent de mille privation pour permettre à leurs enfants d'étudier décemment, ont envie que les facultés soient prises d'assauts par une horde de fanatiques, qui n'hésitent pas à agresser toute personne qui ose s'interposer? Que fait le MES, et bien il fait pareil, il agresse ceux qui osent s'opposer, le camp du ministre,qui devrait être celui de tous, est clair.. en servant l'agenda politique de son parti d'affiliation, il perd aujourd'hui toute crédibilité. Quand on est ministre et qu'on est payé par les deniers des tunisiens, on se doit de servir les tunisiens... les ministres oublient très souvent, que leur fonction, signifie strictu sensu, serviteur, mais esclaves de leur arrivisme, ils se trompent souvent de maître... La nomination de M. Moncef ben Salem, étant donné son incompétence manifeste était déjà la chronique d'une mort annoncée, non pas celles des libertés académiques, la corporation des enseignants et des étudiants, ont fort heureusement cette culture et cette ouverture qui lui font défaut, mais la mort à petit feu de son parti politique, ennahdha, qui par ses mauvais choix et son clientélisme, a fait prendre conscience aux tunisiens des limites des promesses de leurs propagandes politiques. Ce n'est pas seulement ennahdha qui doit rendre des comptes aujourd'hui, mais la troika, je porte responsable aussi bien le CPR et Ettakatol du virage dangereux que prend aujourd'hui le pays. Rappelez-vous , vous qui avez la mémoire courte, que la tour réputée imprenable de Ben Ali, a été prise.. que dire de petits politiciens ayant de grandes ambitions, mais très peu de compétences...
La lutte qui se joue aujourd'hui est celle moyenâgeuse de l'obscurantisme rétrograde contre l'avenir de la Tunisie.
Je finirai par rappeler que ni les tunisiens ( référence au discours monarchiste de Marzouki mouwatinya et mouwatinati) ni l'Université ne sont rezk el bilik...L'Université était là avant vous, et restera après vous M. Moncef Ben Salem.
Quand donc l'Université tunisienne aura-t-elle un ministre aux mesures de ses ambitions.